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Versets Communément Utilisés pour Essayer de Supporter la Doctrine de la Trinité

Ce document constitue l’Appendice A du livre One God & One Lord: Reconsidering the Cornerstone of the Christian Faith (Un Dieu et Un Seigneur: Un Réexamen de la Pierre Angulaire de la Foi Chrétienne) (copyright 2003) par Christian Educational Services, un service de Spirit & Truth Fellowship International.

Vous pouvez utilisez des parties ou l’ensemble de ce document, aussi longtemps que vous en attribuez le crédit au livre One Lord & One God et au site internet www.BiblicalUnitarian.com.

Si vous souhaitez commander le livre One God & One Lord, visitez, s’il vous plait, STFonline.org/store ou appelez le numéro gratuit suivant: 1-888-255-6189 (765-349-2330), M-F, 9-5 (ET).

L’Ancien Testament

Genèse 1:1
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. (Segond 1910)

1. Le terme pour « Dieu » est Élohim, mot qui en lui-même est de forme plurielle et qui, comme la plupart des mots, a plusieurs définitions. Il est utilisé sous cette forme plurielle pour désigner des « dieux » ou des « hommes investis d’une certaine autorité », et sous sa forme singulière pour désigner « Dieu », un « dieu » et un « homme investi d’une certaine autorité », comme un juge par exemple. Le lexique hébreux de Brown, Driver et Briggs, considéré comme étant l’un des meilleurs lexiques disponibles, définit comme usage premier du terme Élohim, le suivant: « dirigeants, juges, aussi représentant divin occupant une position sacrée ou reflétant la majesté et la puissance divine, êtres divins, êtres surhumains incluant Dieu et les anges, dieux. » [1]

Élohim est traduit par « dieux » dans de nombreux versets. En Genèse 35:2, il est écrit, « Ôtez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous », et en Exode 18: 11, il est dit, « Je reconnais maintenant que l’Éternel est plus grand que tous les dieux ». Le même mot est traduit par « juges » en Exode 21: 6; 22: 8 et 9 (Darby). En Psaumes 8:6, Il est traduit « anges » (Ostervald) ou « êtres célestes » (Bible du Semeur - note de bas de page). Il s’agit ici de son utilisation sous une forme plurielle, et il n’y a nulle évidence que ce mot est alors été perçu, par qui que ce soit, comme signifiant que ces « dieux » aient une quelconque forme de pluralité en eux-mêmes.

2. Élohim est également traduit au singulier pour désigner un « dieu » ou un « juge », et, lorsque cela est traduit de cette façon, il n’y pas l’ombre d’une « nature composé de plusieurs personnes » qui soit alors envisagée. Un exemple serait Exode 22: 20, où il est écrit, « Celui qui sacrifie à un dieu, si ce n’est à l’Éternel seul, sera voué à la destruction » (Darby). Un autre exemple serait Juges 6: 31 : « Si Baal est un dieu, qu’il plaide lui-même sa cause, puisqu’on a renversé son autel » (Segond 1910). En Exode 7: 1, Dieu dit qu’il a fait de Moïse un « dieu » (Élohim) pour Pharaon. En Juges 11: 24, le dieu païen Kemosh est appelé Élohim, et, en 1 Samuel 5: 7, le dieu païen Dagon est lui aussi appelé Élohim, cependant nul chrétien ne va conclure que ces dieux sont composés ou « uni-pluriels », pas plus qu’il ne conclura que le peuple qui les adoraient, pensaient que ces dieux pouvaient être qualifiés d’ « uni-pluriels ».

La manière dont l’on devrait traduire Élohim en 1 Samuel 2: 25 a fait l’objet de débat parmi les érudits bibliques. La question étant de savoir si, dans ce texte, Élohim fait référence à un juge humain ou à Dieu (C’est également vrai pour d’autres passages comme le montre des versions comparées de la Darby et de la Segond 1910). La version Martin rend Élohim par « juge ». Les versions ne s’accordent pas toutes entre elle, certaines choisissant de traduire Élohim pour désigner un homme, d’autres versions pour désigner Dieu lui-même. Le fait que des érudits bibliques et des traducteurs aient débattu pour savoir si dans certains cas le mot Élohim faisait référence à un homme ou à Dieu, montre de façon évidente que le mot en lui-même n’induit pas une idée inhérente de pluralité de personnes. Si c’était le cas, il ne pourrait pas être traduit par « dieu » dans le cas d’un dieu païen, ou par « juge » lorsqu’il fait référence à un homme. Les Écritures bibliques ne donnent nulle preuve qui permette de conclure que le mot hébreu Élohim contient de façon inhérente l’idée d’une nature composée.

3. Certains enseignent que le mot Élohim implique une unité composée quand il fait référence au vrai Dieu. Cela signifierait que le mot Élohim change ainsi de sens quand il s’applique au vrai Dieu et qu’ainsi le vrai Dieu est un être composé. Il n’y a nul évidence que cela soit vrai. Les premières personnes auxquelles on devrait faire appel pour obtenir une confirmation de cela, ce sont les juifs eux-mêmes. Quand nous étudions l’histoire et la langue des hébreux, nous découvrons qu’ils n’ont jamais compris Élohim comme impliquant en aucune façon une quelconque pluralité de Dieu. De fait, les hébreux étaient vivement opposés aux peuples et nations qui essayaient d’introduire une quelconque forme de polythéisme dans leur culture. Les rabbins hébreux ont débattus à l’extrême et ont écrit des volumes et des volumes de commentaires sur la Loi, cependant dans pas un seul de ces débats ils n’ont mentionnés une quelconque pluralité de Dieu. Ce fait, en lui-même, devrait être suffisant pour clore un tel débat.

Il n’y a pas de plus haute autorité en matière de langue hébraïque autre que celle du grand érudit hébreu, Gesenius. Il écrivit que la nature plurielle du mot d’Élohim avait une connotation d’intensification, était lié au pluriel de majesté et utilisé à des fins d’amplification. Gesenius affirma : « Que le langage ait complètement rejeté l’idée de pluralité numérique en Élohim (chaque fois que ce terme signifie un Dieu) est tout spécialement prouvé par le fait que ce mot est presque invariablement accompagné d’un attribut singulier ». [2]

Un pronom singulier est toujours utilisé avec le mot Élohim. Une étude de ce terme permet de prouver ce que Gesenius affirmait, c’est-à-dire qu’un attribut singulier (comme « Il » et non pas « Ils », ou « Je » et nous pas « Nous ») suit toujours Élohim. De plus, quand le mot Élohim est utilisé pour désigner autre chose que le vrai Dieu, il est compris comme singulier ou pluriel, jamais comme « uni-pluriel ». Il semblerait donc que ce soit clair: Dieu n’est pas « composé » et ceci en aucune façon. Il est le « seul Dieu » d’Israël.

4. Les Écritures ne contiennent nulle réprimande à l’encontre de ceux qui ne croit pas en un « Dieu Trine ». Ceux qui ne croit pas en Dieu sont appelés des « insensés » (Psaume 14: 1). Ceux qui rejettent Christ sont condamnés (Jean 3: 18). Il est dit des Écritures qu’elles sont « pour enseigner, pour convaincre, et pour corriger » (2 Timothée 3: 16), et il y a de nombreux textes qui reprennent les croyants pour toutes sortes de pratiques et de croyances erronées. Les passages qui condamnent ceux qui ne croient pas en la Trinité sont flagrants par leur absence évidente dans la Bible.

Buzzard, pp. 13-15, 125 et 126

Morgridge, pp. 88-96

Snedeker, pp. 359-367

Genèse 1:26
Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. (Segond 1910)

1. Élohim et Adonim, les termes hébreux pour désigner Dieu, sont tout deux de forme plurielle. Si cela signifiait littéralement une pluralité de personnes, ces termes seraient alors traduits par « Dieux ». Les Juifs, étant parfaitement monothéistes et entièrement familiers avec les expressions propres à leur langue, n’ont jamais compris l’utilisation du pluriel comme indiquant une pluralité de personnes au sein du seul vrai Dieu. L’utilisation du pluriel a une valeur d’amplification et est appelé « pluriel de majesté » ou « pluriel d’emphase ». La forme plurielle permet d’intensifier le sens donné au mot (voir l’explication pour Genèse 1:1). De nombreux spécialistes de l’hébreu identifient l’utilisation de la première personne du pluriel comme étant similaire à l’utilisation d’un pluriel de majesté. Nous croyons que c’est effectivement le cas.

2. Il est clairement attesté, qu’au travers des époques, les rois, les princes et d’autres personnages importants ont utilisé le pluriel de majesté. Hyndman écrit:;

La véritable explication de ce verset peut être trouvée dans la pratique qui prévalait parmi les nations que nous connaissons, à savoir l’usage qu’avait certaines personnes de parler d’elle-même au pluriel. « Cette festivité sera donnée en notre palais », « Il s’agit de notre bon plaisir », voici des expressions qu’utilisaient communément les rois lorsqu’ils parlaient d’eux-mêmes (p.54).

Morgridge fait également le commentaire suivant:

Il est commun dans toutes les langues que nous connaissons, et il semble qu’il en a toujours été ainsi, que certains individus, tout spécialement des personnes de pouvoir ou de haute dignité, utilisent nous, notre au lieu de je, mon alors qu’ils parlent uniquement d’eux-mêmes. Ainsi, le Roi de France dira: « Nous, Charles X » ; Le Roi d’Espagne proclamera: « Nous, Ferdinand VII » ; Le Tsar de Russie affirmera: «Nous, Alexandre », ou « Nous, Nicolas » (p.93).

Le pluriel de majesté est également utilisé dans la Bible, comme on peut le voir dans le livre d’Esdras. Au chapitre 4 et au verset 11 de ce livre, voici ce qu’il est écrit: « C’est ici le copie de la lettre qu’ils envoyèrent au roi Artaxerxès: Tes serviteurs, les gens de ce côté du fleuve, etc. ». Esdras continue, et au verset 18 il est écrit: « La lettre que vous nous avez envoyez a été lue exactement devant moi… ». Ainsi, bien que la lettre fût adressée au roi lui-même, Artaxerxès utilise le mot « nous ». Il est fréquent que le pluriel soit utilisé lorsqu’une personne parle de ses intentions, et qu’une forme singulière plus littérale soit utilisée lorsqu’une personne agit. Morgridge ajoute quelques précisions lorsqu’il dit:

Il est bien connu que Mohammed critiquait vivement la doctrine de la Trinité, pourtant, Dieu, dans le Coran, est souvent présenté comme parlant de Lui-même à la première personne du pluriel, utilisant nous ou notre concernant sa propre personne. Un tel pluriel n’était pas entendu, selon Mohammed, comme signifiant une pluralité de personnes en Dieu. Si personne ne déduit que Mohammed était trinitaire, alors que ce genre de formule est fréquent dans le Coran, certainement que la présence de ce même pluriel dans la Bible ne constitue pas non plus une preuve en faveur de la Trinité.

3. Certains érudits pensent que la raison pour laquelle la première personne du pluriel est utilisé en Genèse 1: 26, est dû au fait que Dieu parlait avec les anges, alors qu’il envisageait de créer l’Homme. Bien que cela soit possible, il y cependant de nombreux passages de la Bible qui attribut clairement la création de l’Homme à Dieu seul. Il est donc plus probable que le pluriel utilisé dans ce verset soit un pluriel de majesté.

4. Le nom de Dieu n’est pas le seul mot qui soit mis à une forme pluriel à une fin d’emphase (Cependant, quand le pluriel semble constitué une faute grammaticale, les traducteurs ignore en général le pluriel hébreu et le traduise au singulier. Il peut être ainsi difficile de trouver cette forme plurielle dans la plupart des traductions française).

Après que Caïn ait assassiné Abel, Dieu dit à Caïn: « La voix des sangs de ton frère crie du sol jusqu’à moi » (Nouvelle Traduction - Bayard). Le pluriel met l’emphase sur l’horreur du crime commis. En Genèse 19: 11, les hommes de Sodome sont frappés d’ « aveuglement ». Le mot hébreu est au pluriel, « aveuglements », et indique que l’aveuglement était total et qu’ainsi Lot était protégé. En Lévitique, il nous est raconté que le peuple ne devait pas manger des fruits de l’arbre pour trois ans, et que la quatrième année les fruits seraient « consacrés au cours d’une fête de louange » (Bible en français courant). Le mot hébreu « louange » est au pluriel, mettant ainsi l’emphase sur la grandeur de la louange donnée à Dieu. Psaumes 45: 15 nous parle prophétiquement de personnes qui sont amenés en présence du Messie. Il est écrit: « Elles te seront amenés avec joie et allégresse » (Darby). Le mot hébreu traduit par allégresse devrait être rendu par un pluriel, « allégresses », accentuant l’intensité de l’allégresse manifestée en cette occasion. En Ézéchiel 25, Dieu parle de ce qui est advenu à Israël et de comment il agira en conséquence. Concernant les Philistins, Dieu dit : « Les Philistins se sont livrés à la vengeance…J’exercerai sur eux ma vengeance » (Ézéchiel 25: 15 et 17). Dans le texte hébreu, la deuxième vengeance, la vengeance de Dieu, est au pluriel indiquant l’ampleur de la vengeance que Dieu va infliger. De nombreux autres exemples existent dans le texte hébreu, démontrant qu’il est fréquent que le pluriel soit utilisé dans la Bible afin de mettre l’emphase sur une personne, un sentiment ou une situation.

Buzzard, p. 13

Farley, pp. 25-27

Hyndman, pp. 53 et 54

Morgridge, pp. 92-96

Snedeker, pp. 363-366

Genèse 11:7
Allons! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres. (Segond 1910)

Pour une bonne compréhension de ce verset, vous pouvez vous référer à l’explication faite de Genèse 1: 26.

Genèse 16:7-13
(7) L’ange de l’Éternel la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Schur.
(8) Il dit: Agar, servante de Saraï, d‘où viens-tu, et où vas-tu? Elle répondit je fuis loin de Saraï, ma maîtresse.
(9) L’ange de l’Éternel lui dit: Retourne vers ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main.
(10) L’ange de l’Éternel lui dit: Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu’on ne pourra la compter.
(11) L’ange de l’Éternel lui dit: Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d’Ismaël; car l’Éternel t’a entendue dans ton affliction.
(12) Il sera comme un âne sauvage; sa main sera contre tous, et la main de tous sera contre lui; et il habitera en face de tous ses frères.
(13) Elle appela Atta-El-roï le nom de l’Éternel qui lui avait parlé; car elle dit: Ai-je rien vu ici, après qu’il m’a vue? (Segond 1910)

1. Certains trinitaires croient que «l’ange de l’Éternel », dont il est parlé dans l’Ancien Testament, est en fait Jésus Christ avant qu’il se soit - croient-ils - « incarné » sous une forme humaine. Nombreux sont ceux qui sont en désaccord avec cette affirmation, et ceci pour de bonnes raisons. Il n’y a pas un seul passage de la Bible qui affirme que Jésus Christ soit l’ange de l’Éternel. Cette idée est simplement le résultat d’une hypothèse. Pourquoi donc, si cela n’est dit nulle part dans les Écritures, tant de personnes croient-elles que cela soit vrai? La raison en est la suivante: Il est difficile pour les trinitaires de croire que Jésus est co-égal et coéternel avec Dieu dès le commencement, et cependant de ne pas en trouver la preuve dans l’Ancien Testament. Puisque l’on ne peut pas manquer de remarquer le rôle prédominant qu’occupe actuellement Christ à la tête de l’Église, est-il possible qu’il n’ait pas été présent durant toute la période couverte par l’Ancien Testament et ainsi jamais impliqué avec l’humanité d’une façon ou d’une autre? Un trinitaire résoudra ce problème en émettant l’hypothèse que Jésus devait être « l’ange de l’Éternel » dont il est fait mention dans les Écritures hébraïques.

En ce qui nous concerne, nous répondons à la question en affirmant qu’il y a de fortes raisons de croire que Jésus Christ n’existait pas pendant la période couverte par l’Ancien Testament, mais qu’il était le plan de salut voulu par Dieu. Nous croyons que Jésus Christ commença d’exister physiquement lorsqu’il fut conçu de l’Esprit Saint de Dieu dans la vierge Marie (Matthieu 1: 18). Quelles sont exactement les raisons pour lesquels les trinitaires pensent que l’ange de l’Éternel est Jésus? Les trinitaires diffèrent quand aux preuves qu’ils apportent pour soutenir cette idée (ce qui est normal si l’on considère qu’ils se basent tout d’abord sur une affirmation hypothétique). Les raisons les plus souvent formulées sont cependant les suivantes: L’ange de l’Éternel apparaît être supérieur aux autres anges; il est distinct de l’Éternel; il est capable de pardonner les péchés (Exode 23: 21); il parle avec autorité comme si il était Dieu; sa façon d’agir lui attire le respect et l’admiration; il n’est plus mentionné après la naissance de Jésus, et on s’adresse à lui comme on s’adresserait à Dieu. Nous allons considérer tout ces points, et nous commencerons avec le dernier, qui est l’argument le plus essentiel.

2. Une étude des apparitions de l’ange de l’Éternel révèle que parfois on s’adresse à lui comme à un ange et parfois on s’adresse à lui comme à « l’Éternel » ou à « Dieu » (voir Genèse 16:13 et Juges 6:16). La règle juive qui s’applique aux médiateurs explique pourquoi il en est ainsi. Selon cette règle, le médiateur est regardé comme étant la personne qu’il représente elle-même. Une bonne description nous est donnée de cela dans The Encyclopedia of Jewish Religion:

Médiateur (Hébreu Shaliah): Le point essentiel regardant la règle juive de médiation est exprimé dans ce dicton, « le médiateur représentant une personne est vu comme étant la personne elle-même » (Ned. 72b; Kidd. 41b). C’est pourquoi tout acte commis par un médiateur dûment appointé est regardé comme ayant été commis par la personne l’ayant appointé, cette personne portant alors l’entière responsabilité de cet acte et le médiateur étant déchargé de toute responsabilité en la matière. [3]

Dans les textes où l’ange est appelé « Dieu » ou « l’Éternel », il est important de remarquer qu’il est cependant toujours identifié comme étant un ange. Ce point est important car Dieu n’est jamais désigné comme étant un ange. Ainsi si une entité est appelé « Dieu », mais est clairement identifiée comme étant un ange, il doit y avoir une raison. Dans le récit tiré de la Genèse et cité précédemment l’ange est clairement identifié comme étant un ange à quatre reprises. Pourquoi le texte affirmerait-il donc que l’Éternel parla à Agar? Si il en est ainsi, c’est parce que, étant médiateur et messager de Dieu, l’ange parlait pour Dieu et le message qu’il transmettait émanait de Dieu. La même idée est présente lorsque « Dieu » est dit avoir « visité » Son peuple, alors qu’en fait Il lui a envoyé Sa bénédiction (voir le commentaire pour Luc 7: 16). Dieu ne s’est pas présenté en personne, mais une personne qui ne serait pas familière avec la culture de l’époque pourrait conclure, d’après le texte, que c’est pourtant ce qu’Il fit. Il est également clair que les personnes auxquels l’ange est apparu, affirment bel et bien avoir à faire à l’ange de Dieu. Gédéon s’exclame, « j’ai vu l’ange de l’Éternel face à face » (Juges 6: 22).

Il y a des preuves bibliques concluantes qui démontrent que les messagers ou représentants de Dieu sont appelés « Dieu » (voir le commentaire pour Hébreux 1: 8). Ce fait est important, car si des représentants de Dieu sont qualifiés de « Dieu », alors le seul moyen de distinguer Dieu de Ses représentants nous vient du contexte même du texte. Nous avons déjà vu que quand l’ange de l’Éternel est appelé « Dieu », une lecture attentive du texte permet de déterminer que le médiateur est en fait un ange.

3. Un autre élément qui démontre que l’ange de l’Éternel est bien un ange et non pas un membre « co-égal » de la Trinité, réside dans le fait que cet ange est soumis au commandement de Dieu. Un récit biblique relate la désobéissance de David à Dieu et comment Dieu envoya la peste sur Israël. « Dieu envoya un ange à Jérusalem pour la détruire » (1 Chroniques 21: 15). Nous apprenons que c’est l’ange de l’Éternel qui infligea cette punition au peuple d’Israël. Finalement, « l’Éternel regarda et se repentit de ce mal, et il dit à l’ange qui détruisait: Assez! Retire maintenant ta main. L’ange de l’Éternel se tenait près de l’aire d’Ornan, le Jébusien » (1 Chroniques 21: 15, voir aussi 2 Samuel 24: 16). Ces versets n’indiquent en rien que l’ange ait pu être Dieu lui-même. Il n’y a pas ici de « co-égalité ». On apprend simplement que l’Éternel a donné un ordre à l’un de Ses anges.

4. Un autre exemple démontrant que l’ange de l’Éternel ne peut être Dieu en aucune façon se trouve en Zacharie. Le prophète Zacharie parlait avec un ange au sujet d’une vision qu’il avait eut. La Bible le raconte de cette façon: « Alors l’ange de l’Éternel prit la parole et dit: Éternel des armées, jusqu’à quand n’auras-tu pas compassion de Jérusalem et des villes de Juda, contre lesquelles tu es irrité depuis soixante et dix ans? L’Éternel répondit par de bonnes paroles, par des paroles de consolation, à l’ange qui parlait avec moi » (Zacharie 1: 12-13). Le fait que l’ange de l’Éternel demande des informations sur le plan de Dieu et qu’il reçoive des paroles de réconfort indique qu’il n’est pas co-égal avec Dieu en puissance et en savoir. Il est impensable que Dieu ait besoin d’informations ou de réconfort. Ainsi, toute affirmation qui voudrait établir que l’ange de l’Éternel est Christ pré incarné, étant en tout chose Dieu, ne correspond simplement pas à ce que la Bible nous dit.

5. Il est intéressant que deux preuves que les trinitaires utilisent pour démontrer que l’ange de l’Éternel devrait être Jésus pré incarné corroborent le fait que l’ange est distinct de Dieu et parle en accord avec l’autorité que lui a délégué Dieu. Nous affirmons que la raison pour laquelle cet ange est distinct de Dieu, c’est parce qu’il est exactement ce que le texte dit de lui, c’est-à-dire un ange, et qu’il parle avec autorité parce qu’il est le messager de Dieu. Les prophètes et tous ceux qui parlent pour Dieu le font avec autorité, comme de nombreux versets l’affirment. L’ange de l’Éternel parle également de Dieu à la troisième personne. Par exemple, en Genèse 16: 11, cité plus haut, l’ange dit: « l’Éternel t’a entendue dans ton affliction », et non pas, « Je t’ai entendu dans ton affliction », comme si il était lui-même Dieu. En Genèse 22: 12, l’ange dit: « je sais maintenant que tu crains Dieu », et non pas « je sais maintenant que tu me crains ». En Juges 13: 5, l’ange dit de Samson qu’il sera « consacré à Dieu », non pas « consacré à moi ». Ainsi, bien que le texte peut sembler appelé l’ange Dieu, ce qui est compréhensible si l’on considère que l’ange est un médiateur pour Dieu, l’ange n’affirme jamais être Dieu et réfère toujours à Dieu à la troisième personne.

De même, si Jésus était l’ange de l’Éternel qui parla à Moïse dans le buisson ardent, il n’y fait pas référence dans ses enseignements. En Marc 12: 26, il nous est fait récit d’un échange que Jésus a avec des Saducéens. Jésus dit: « n’avez-vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit, à propos du buisson: Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob ? » Si Jésus avait été l’ange dans le buisson ardent, et avait ouvertement proclamé être lui-même « le Dieu préexistant », il aurait utilisé cette opportunité pour affirmer, « J’ai dit à Moïse ». Le fait que Jésus ait rapporté que ce fut Dieu qui parla à Moïse montre clairement qu’il se différenciait lui-même de Dieu.

6. Que l’ange de l’Éternel semble être supérieur aux autres anges ne signifie en rien qu’il constitue une quelconque partie de la Trinité. De nombreux érudits s’accordent pour dire que les anges diffèrent en pouvoir et en autorité. La Bible mentionne par exemple des archanges en 1 Thessaloniciens 4: 16 et en Jude 9. Il ne serait pas surprenant que l’ange de l’Éternel soit l’un de ces anges auquel est conféré une plus haute autorité. De la même façon, le fait que l’ange de l’Éternel puisse pardonner les péchés ne permet nullement d’affirmer qu’il est Dieu. Les médiateurs envoyés par Dieu ont le pouvoir de pardonner les péchés. Dieu donna à Jésus l’autorité pour pardonner les péchés, et il conféra à son tour cette autorité aux apôtres (voir le commentaire sur Matthieu 9: 2).

7. Bien que ce soit vrai qu’en certaines occasions, l’autorité manifestée par l’ange de l’Éternel ait provoqué une crainte mêlée de respect chez certains, il n’y a nul raison d’assumer que cet ange soit Dieu pour autant. Un examen attentif des passages où cet ange apparaît, montre que parfois les gens ne réalisaient même pas qu’ils s’adressaient à un ange. Par exemple, quand l’ange de l’Éternel est apparu à la mère de Samson, elle retourne à son mari avec le récit suivant: « Un homme de Dieu est venu vers moi, et il avait l’aspect d’un ange de Dieu, un aspect redoutable. Je ne lui ai pas demandé d’où il était, et il ne m’a pas fait connaître son nom » (Juges 13: 6). Notez que les anges ont la réputation d’avoir une apparence redoutable, et la mère de Samson pensait que cet « homme de Dieu » avait le même genre d’apparence, cependant elle ne pensait toujours pas qu’il était un ange. Quand Manoach rencontra l’ange de l’Éternel et que tout deux parlèrent de la façon dont Samson devait être élevé, Manoach ne sut pas qu’il s’agissait d’un ange jusqu’à ce que celui-ci monte au ciel dans la flamme du sacrifice préparé par Manoach. Ainsi, ce n’est pas parce que l’apparence d’une personne est redoutable, qu’il s’agit nécessairement de Dieu.

8. Certains soutiennent également que puisque l’on ne parlerait plus de « l’ange de l’Éternel » après la naissance de Jésus, alors Jésus serait cet ange, il semble en effet raisonnable de penser que cet ange devrait apparaître tout au long de la Bible. Néanmoins, le fait est que cet ange de l’Éternel apparaît bel et bien après la conception de Jésus est donc inconsistant avec l’affirmation qui voudrait que l’ange de l’Éternel soit « Christ pré incarné ». Le récit de la naissance de Jésus est bien connu. Joseph apprend que Marie est enceinte de Jésus avant même qu’elle et lui soit mariés, et Joseph, qui pourrait avoir réclamé sa lapidation, décide de divorcer d’avec elle. C’est alors que « l’ange du Seigneur » lui apparaît dans un rêve et l’informe que l’enfant est de Dieu. En Matthieu 1: 24, il est écrit: « Joseph s’étant réveillé fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui ». Deux conclusions peuvent être tirées de ce récit. Tout d’abord, Jésus était déjà dans le ventre de Marie quand l’ange du Seigneur est apparu à Joseph. Nous pouvons conclure de cela que « l’ange du Seigneur » ne peut pas être Jésus puisque Jésus était alors déjà en Marie. Ensuite, on peut remarquer à la suite de ce récit, que l’ange est à la fois décrit comment étant « un » ange du Seigneur et « l’ » ange du Seigneur. La même chose peut être constatée à la lecture des récits de l’Ancien Testament (comparer 1 Rois 19 versets 5 et 7).

Il y a de nombreuses apparitions d’ « un » ange du Seigneur dans le Nouveau Testament (comparer Actes 5: 19; 8: 26; 12: 7 et 23). De tout cela, nous pouvons conclure qu’il est fort probable que le même ange qui est appelé à la fois « l’ » ange de l’Éternel et « un » ange dans l’Ancien Testament est toujours le même qui apparaît comme étant « un ange du Seigneur » après la naissance de Jésus. Lorsque l’on évalue sérieusement toutes ces évidences, il y a de bonnes raisons de croire que les mots qui décrivent l’ « ange » de l’Éternel sont à comprendre de façon littéral, et qu’ils réfèrent bien à un ange comme l’affirme le texte, et non pas à Jésus.

Genèse 18: 1-2
(1) Yahvé lui apparut aux Chênes de Mamré, tandis qu’il était assit à l’entrée de la tente, au plus chaud du jour.
(2) Ayant levé les yeux, voilà qu’il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui ; dès qu’il les vit, il courut de l’entrée de la tente à leur rencontre et se prosterna à terre. (La Bible de Jérusalem)

1. Ces versets posent problème aux chrétiens auxquels il a été enseigné que nul être humain n’a jamais vu Dieu. Le texte hébreu dit clairement que Yahvé apparut à Abraham sous la forme d’un homme, et qu’il était accompagné de deux anges, qui avaient eux-mêmes une apparence humaine. Cela ne devrait pas constituer un problème. Dieu créa l’humanité afin de pouvoir avoir une relation personnelle avec nous. Il est donc raisonnable de croire qu’Il pourrait occasionnellement se rendre visible et prendre une forme humaine afin de se rapprocher de Sa création. De fait, les saintes écritures nous font part d’un certain nombre de personnes auxquelles Dieu est apparut: Adam et Ève (« ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir », Genèse 3: 8), Abraham (Genèse 12: 7; 15: 1; 17: 1; 18: 1), Jacob (Genèse 18: 13), Moïse et les anciens d’Israël (Exode 24: 9-11), Samuel (1 Samuel 3: 10), Salomon - à deux reprises (1 Rois 3: 5; 9: 2; 11: 9), Michée (1 Rois 22: 19-22), Ésaïe (Ésaïe 6: 1-5), Ézéchiel (Ézéchiel 1: 26-28), Daniel (Daniel 7: 9-14), Amos (Amos 7: 7), Étienne (Actes 7: 56) et l’apôtre Jean (Apocalypse 5: 1-8).

2. Une étude de Genèse 18: 1 nous apprend, par les commentaires chrétiens qui en sont donnés, que la plupart des théologiens ne croient pas que Yahvé puisse apparaître sous la forme d’un homme. Avant que nous examinions les raisons qui les poussent à affirmer cela, nous devons nous rappelez que, difficile à croire ou non, c’est pourtant exactement ce que le texte biblique dit. De nombreux théologiens, qui ne croient pas que le texte soit à comprendre au sens littéral, proposent donc d’autres explications afin de comprendre le sens de ces versets. L’explication la plus commune de ce verset est la suivante: Il s’agissait d’un rêve et non pas d’une rencontre réelle; ce fut Christ pré-incarné qui serait apparu; ce fut un ange qui apparut porteur du nom de Yahvé.

Certains théologiens enseignent que le récit de Genèse 18: 1 est en fait un rêve. Ils déduisent ceci des circonstances, affirmant que, puisqu’il s’agissait du moment le plus chaud de la journée, Abraham devait donc faire une sieste. Néanmoins, la Bible ne donne nulle crédibilité à une telle affirmation. Il n’est dit nulle part qu’il s’agit d’un rêve et il n’y a certainement nulle description d’Abraham se réveillant d’une quelconque sieste. Le récit de Sodome et Gomorrhe n’était assurément pas un rêve. Les anges quittèrent alors Abraham et s’en allèrent à Sodome et Gomorrhe pour permettre à Lot et à sa famille d’échapper au jugement de Dieu. Il n’y aucune évidence tangible qui nous permettrait de croire que l’apparition de Yahvé fut dans ce cas un rêve. Il n’est pas non plus possible d’affirmer que ce soit le cas pour les nombreuses autres fois où il est dit que Yahvé apparut.

De nombreux théologiens trinitaires enseignent que le récit de Genèse 18: 1 témoigne d’une apparition de Christ pré-incarné. La preuve qu’ils avancent pour cela se décline de deux façons: Yahvé est invisible et nul ne peut Le voir ou ne L’a vu, il ne pourrait donc s’agir de Lui dans ce récit; puisque le récit affirme clairement qu’il s’agit de Yahvé, alors il devrait s’agir de Christ pré-incarné puisque « Christ est l’une des personnes de la Trinité ». Néanmoins, s’il peut être démontré que Yahvé peut apparaître occasionnellement sous la forme d’un homme, alors il n’y aurait aucune raison de ne pas lire ce passage d’une façon qui soit littérale. De plus, le fait qu’aucun passage des Écritures ne confirme que l’apparition soit Christ devrait constituer une preuve suffisante qu’il ne s’agit donc pas de Christ. A deux reprises au moins, Yahvé et Christ sont décrit comme apparaissant simultanément (Daniel 7 et Apocalypse 5). Voilà qui nous pousse à conclure que Yahvé ne peut être Christ.

La raison principale, qui mène certains à penser que le « Yahvé » de ce récit est un ange, est la même qui amène certains autres à déclarer qu’il s’agit d’un rêve ou bien de Christ pré-incarné. Tout cela trouve son origine dans l’idée préconçue selon laquelle Yahvé ne peut apparaître sous une quelconque forme humaine. Ainsi, il est tentant de vouloir croire que Yahvé, dans ce récit, apparaît soit en rêve, ou encore est un ange ou Christ. Bien que dans d’autres parties des Écritures des anges soient occasionnellement qualifiés de « dieu », le récit qui nous est fait ici est différent. Nous avons vu que dans d’autres versets des anges sont parfois appelés « dieu » (voir les explications de Genèse 16: 7-13), néanmoins, une étude des passages dans lesquelles l’ange de l’Éternel est qualifié de « dieu », nous montre qu’il est à chaque reprise clairement qualifié tout d’abord d’ange et qu’il apporte un message émanant de Dieu. Le récit de Genèse 18: 1-2, et les autres récits dans lesquels Yahvé apparaît, sont bien différents. L’ « homme » étant identifié comme Yahvé est accompagné d’anges, et le récit tout entier le qualifie de Yahvé. Bien plus, alors que les passages où l’ange de l’Éternel est présent montrent bien que cet ange fait bien attention à éviter l’usage de la première personne - « je », « moi » et « mon » - ramenant plutôt tout à Dieu, le « Yahvé » de Genèse 18 parle constamment à la première personne.

3. La plupart des chrétiens n’ont jamais appris que Dieu pouvait apparaître en prenant la forme d’une personne. Ils ont toujours entendu qu’il est écrit que « personne n’a jamais vu Dieu ». Dans notre livre Don’t Blame God!, la signification de cette phrase est examinée et expliquée. Jean 1: 17-18 affirme: « car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venus par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître ». Voici ce que nous écrivons:

Notez s’il vous plaît que la vérité, dans sa plénitude, ne vint pas par Moïse, mais par Jésus Christ. Ce fut lui qui pour la première fois dans l’histoire permit que Dieu puisse être pleinement compris. Non pas que les croyants de l’Ancien Testament ne connaissaient rien de Dieu, mais leur compréhension et leur perception de Dieu étaient limitées (« voilées »). Puisque la vérité vint par Jésus Christ (« car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venus par Jésus-Christ. »), nous croyons que la première partie de Jean 1: 18 - « Personne n’a jamais vu Dieu » - signifie que nul être humain n’a « connu » Dieu [tel qu’il est vraiment] à aucun moment dans le passé. Jésus Christ seul révèle, ou fait connaître, Dieu aux êtres humains. Dans de nombreuses langues, l’une des définitions pour « voir » (hébreu = ra’ ah) peut être « voir, dans le sens d’apprendre, connaître. » De la même manière, le mot grec traduit par « voir » dans le verset 18 (horao) peut signifier « voir avec les yeux » ou « voir avec la pensée, percevoir, connaître. » En français également, l’une des définitions pour « voir » peut être « se faire une opinion sur (qqch.), se représenter par la pensée » (Le Petit Robert). Par exemple, lorsque deux personnes discutent de quelque chose, l’une d’elle pourra dire: « Je vois ce que tu veux dire. »

L’usage du verbe « voir » dans le sens de connaître peut être trouvé à de nombreux endroits du Nouveau Testament. Jésus dit à Philippe: « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14: 9). De nouveau, le verbe « voir » est ici utilisé dans le sens de connaître. Tout ceux qui connaissent Christ (non pas seulement ceux qui l’ont vu) connaîtront le Père. En fait, Christ lui-même l’a affirmé clairement deux versets plus tôt lorsqu’il a dit à Philippe: « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père » (Jean 14: 7). [4]

Une autre évidence permet de saisir comment « voir » peut vouloir signifier « connaître » en Jean 1: 18, il s’agit de la suite du verset lorsque la phrase « Personne n’a jamais vu Dieu » est mise en contraste avec l’affirmation « celui qui l’a fait connaître. » Le verset ne parle pas de voir Dieu de nos propres yeux, mais nous garantit que la vérité sur Dieu nous parvient par Jésus Christ. Avant que Jésus Christ ne vienne, personne ne pouvait déclarer connaître Dieu tel qu’Il est réellement, un Père céleste et aimant. Jésus Christ nous permit de connaître Dieu dans toute sa plénitude. Nos études nous poussent à conclure que les passages des Écritures qui déclarent que nul n’a « vu » Dieu, doivent être compris comme utilisant le verbe « voir » dans le sens de « connaître », signifiant donc connaître Dieu pleinement, à moins que ces passages ne veuillent signifier que l’on voit la plénitude de Dieu physiquement, ce qui serait impossible. Nous partageons le point de vue de la NIV Study Bible qui déclare: « Puisque pas un seul être humain ne peut voir Dieu tel qu’Il est réellement, ceux qui ont vu Dieu l’ont vu sous une forme qu’Il prit temporairement pour l’occasion. »

Une autre remarque peut être faite concernant le verbe « voir » en Jean 1: 18. Si les trinitaires ont raison lorsqu’ils affirment que Jésus est « Dieu incarné », « Dieu le Fils » et « pleinement Dieu », alors il nous semble que les trinitaires devraient s’inquiéter de vouloir prouver que « voir » signifie « connaître », parce que cela n’a pas de sens de vouloir dire que nul n’a vu Dieu et d’affirmer, dans le même temps, que Jésus est Dieu. Quelque soit la position des théologiens sur la Trinité, ils devraient tous convenir ensemble que le verbe « voir » signifie « connaître », dans le contexte de Jean 1: 18.

La Bible appelle également Dieu, « le Dieu invisible ». C’est bien sûr vrai, et Dieu de par sa nature même est invisible. Néanmoins, cela ne l’empêche pas de se rendre Lui-même visible aux êtres humains en certaines occasions. Les anges et les démons sont eux aussi naturellement invisible, mais ils peuvent et deviennent visibles à certains moments. Si les anges et les démons peuvent être visibles en certaines circonstances, Dieu peut certainement le faire également. Nous rappelons à notre lecteur, que la Bible dit clairement que « Yahvé lui (Abraham) apparut aux Chênes de Mamré », et qu’Il apparut à d’autres personnes également.

Il est souvent dit que ces personnes ne pourrait pas avoir réellement vu Yahvé parce qu’une personne mourrait si elle voyait Dieu. Cette idée vient principalement de la conversation que Moïse eut avec Dieu. Moïse demanda à voir la gloire de Dieu et Dieu lui répondit: « Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre » (Exode 33: 20). Le contexte nous montre clairement que lorsqu’il est parlé de la « face » de Dieu, il s’agit en fait de la « gloire » de Dieu, car c’est bien ce que Moïse demanda de voir. Nous sommes d’accord pour dire que les êtres humains ne sont pas suffisamment équipé pour voir Dieu dans toute Sa gloire, ainsi, être exposé à ce que Dieu est dans toute sa plénitude aurait effectivement une conséquence dramatique: la mort. Néanmoins, nous savons que Dieu créa l’humanité afin d’entretenir une relation avec elle, et nous soutenons que la forme humaine, qu’Il a parfois assumé afin d’être plus proche de nous, n’est Sa plénitude en aucune manière.

Voici deux récits extrêmement important en ce qui concerne ce sujet parce qu’ils décrivent Dieu et Jésus Christ à Ses côtés. Le premier de ces récits est une vision prophétique que reçut Daniel le prophète.

Daniel 7: 9, 10,13 et14
(9) Je regardais, pendant que l’on plaçait des trônes. Et l’ancien des jours s’assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure; son trône était comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent.
(10) Un fleuve de feu coulait et sortait devant lui. Mille milliers le servaient, et dix mille millions se tenaient en sa présence. Les juges s’assirent, et les livres furent ouverts.
(13) Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme; il s’avança vers l’ancien des jours, et on le fit approcher de lui.
(14) On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.

L’ « ancien des jours » est Yahvé. Notez qu’il est décrit comme ayant une forme d’homme. En sa présence s’avance « un fils de l’homme » auquel a été donné autorité et domination. Les chrétiens sont presque universellement d’accord pour affirmer que l’ « ancien des jours » est Dieu le Père, et que le « fils de l’homme » est Jésus Christ qui a reçut son autorité de Dieu. Notez que, dans ce passage des Écritures, il n’y a rien qui puisse même évoquer la Trinité. Il n’est fait nulle mention du « Saint Esprit » et il n’y a nulle indication que le « fils de l’homme » est co-égal et co-éternel avec le Père. Au contraire, alors que Dieu est appelé l’ « ancien des jours », un titre totalement approprié à Sa nature éternel, Christ est appelé « un fils de l’homme », désignant ainsi une personne né de parents humains. Cette prophétie est l’une des nombreuses prophéties parmi celles qui ont influencés l’idée que ce sont faits les juifs de leur Messie: Il n’a pas été dit que le Messie serait « Dieu fait chair », mais plutôt un homme comme les juifs en sont eux-mêmes, un homme qui recevrait des honneurs spéciaux et une certaine autorité de Dieu. Puisque l’on cherche à comprendre Genèse 18: 1, ces versets de Daniel démontrent très clairement que Dieu peut et apparaît sous une forme humaine. Et puisque dans la vision de Daniel, Dieu, alors visible sous une forme humaine, est représenté avec le Messie, il n’y aucune raison de penser que les autre fois que Dieu apparaît, il s’agirait en fait de Jésus Christ.

Un autre récit très clair nous est donné en Révélation 4 et 5. La longueur de ce récit ne nous permet de le présenter ici dans son intégralité, mais nous vous encourageons à lire ces deux chapitres. Ils nous décrivent Dieu assis sur un trône, entouré de vingt-quatre vieillards et de quatre créatures qui répètent: « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient! » Dieu tient dans Sa main droite « un livre écrit en dehors et en dedans, scellé de sept sceaux. » Un ange crie d’une voix forte demandant qui est digne d’ouvrir les sceaux, mais nul n’est trouvé digne d’ouvrir ce livre. Alors que Jean commence à pleurer, l’un des vieillards le conforte avec les mots suivants: « Ne pleure point; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. » Alors « un agneau » (il est évident d’après le contexte qu’il s’agit de Jésus Christ) « vint, et il prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. » À cet instant, les créatures et les vieillards se prosternent devant l’agneau et commencent à chanter un « cantique nouveau. »

Le récit est clair. Dieu est décrit comme étant assis sur le trône et même comme tenant dans Sa main un livre que Jésus vient et prend pour l’ouvrir. Cette description montre une fois de plus que Dieu peut apparaître et qu’il apparaît occasionnellement sous une forme humaine afin que nous puissions mieux nous identifier à lui.

4. Ce récit, et d’autres de la même teneur, nous donne un aperçu de ce que les disciples de Christ sont susceptible d’attendre de Yahvé. Dieu nous aime et nous créa pour que nous ayons une relation profonde et durable avec Lui. Il ne va pas rester aussi distant qu’il semble parfois l’être aujourd’hui. La Bible nous parle d’un temps où « le tabernacle de Dieu » sera avec les êtres humains. « Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux » (Apocalypse 21: 3).

Deutéronome 6:4
Écoute, Israël! L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. (Segond 1910)

1. Certaines personnes affirment que le mot hébreu traduit par «le seul » (echad) tel qu’il est utilisé en Deutéronome 6:4 et dans d’autres versets désignent une « unité plurielle ». Cela est absolument faux. Anthony Buzzard écrit:

Il est erroné d’affirmer que le mot hébreu echad (« le seul, un seul, unique», selon les traductions) désigne une unité plurielle. Un argument récent utilisé par les trinitaires est de dire que lorsque que le terme «un » (parfois traduit « le seul » ou « un seul ») est utilisé avec un terme collectif comme une « grappe », un « troupeau » cela implique une pluralité dans le terme echad. Ce sens de pluralité proviendrait du nom indiquant un collectif, et non pas du mot « un » ou « un seul ». Echad en hébreu est le chiffre « un ». En Ésaïe 51:2, Abraham est décrit comme étant « un » (echad) - « lui seul » dans la version Segond 1910. Il n’y a dans ce passage d’Ésaïe nul possibilité de se méprendre sur la signification du mot echad (page 15).

Il n’est nulle part fait référence au terme « le seul » comme pouvant indiquer une pluralité d’une quelconque manière. Echad est utilisé comme étant le nombre « un », comme étant « le premier » dans une série d’items, comme « un » au sens du « même », comme « un » dans le sens de « chacun » ou de « celui-ci ». Une étude de l’usage de ce mot hébreu dans l’Ancien Testament révèle que son sens est simple et clair et que ce mot exprime toujours la même réalité. Echad est traduit comme « premier » en Genèse 1:5, lorsque Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres le « premier » jour. La terre entière ne parlait qu’ « une seule » langue avant Babel (Genèse 11:1). Agar laissa son enfant sous « un » des arbrisseaux (Genèse 21:15). Dans le rêve qu’eut Pharaon, il y avait sept épis sur « une » même tige (Genèse 41:5). Lorsque Dieu détruisit les troupeaux des égyptiens, lors des dix plaies qui affectèrent l’Égypte, pas « une » bête ne mourut parmi les troupeaux des enfants d’Israël (Exode 9:6). Exodus 12:49 déclare qu’ « une » même loi (version Ostervald, Martin et Darby) s’appliquera à l’indigène comme à l’étranger séjournant parmi Israël. Les exemples sont trop nombreux pour que l’on se permette de tous les citer ici. Echad est utilisé plus de 250 fois dans l’Ancien Testament, il n’y pas un seul commentateur juif ou un seul lexique hébreu qui laisse entendre que cela indique une « unité plurielle ».

L’histoire du peuple hébreu est bien connue. Il était admis dans le monde antique que les hébreux étaient incroyablement batailleurs et tenaces lorsqu’il s’agissait de défendre leur « seul Dieu », comme le comprirent de nombreuses civilisations au travers des époques. Snedeker cite Eliot:

Une chose très importante est certaine, il n’y a pas une seule indication [que Dieu ait pu être une pluralité de personnes]. Les juifs ne l’ont jamais compris de cette façon. On peut admettre sans risque de se tromper qu’ils connaissaient leur propre langue, et il est certain qu’ils comprenaient l’Unité de Dieu comme étant enseignée dans les Écritures Hébraïques d’une façon absolue et incontestable. C’est de cette manière que Moïse et les Prophètes étaient interprétés lorsque Christ vint accomplir son ministère. Dans toute la Palestine, il était probablement impossible de trouver un seul homme ou une seule femme, qui ait imaginé qu’il y ait une distinction de personnes dans l’Unité de Dieu, bien que ce soit ce que certains enseignent maintenant (page 293).

2. Deutéronome 6:4 est l’un des versets les plus puissant contestant la doctrine de la Trinité. Dieu est « un », et non pas « trois en un », ou quelque autre forme de pluralité que l’on voudrait qu’il soit. Il s’agit du cri de ralliement des juifs au travers des âges, et ils se sont agressivement défendu contre toute forme de polythéisme ou de panthéisme. Jésus cita ce verset comme faisant partie du plus grand et du premier commandement. « Jésus répondit: Voici le premier: écoute Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur; et: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. » (Marc 12:29 et 30). Il est tout à fait inconcevable que Jésus est pu vouloir promouvoir une quelconque forme de doctrine de la Trinité, alors que, dans le même temps, il citait Deutéronome affirmant que Dieu est « un » à une audience composé de juifs qu’il l’aurait certainement totalement incompris autrement. Il est bien plus raisonnable de croire que Jésus affirmait simplement que si nous devons aimer Dieu de tout notre cœur, nous devons être certain de savoir qu’Il s’agit bien du seul et de l’unique vrai Dieu d’Israël.

Buzzard, pp. 12-15, 126 et 127
Hyndman, pp. 51-53
Snedeker, pp. 283-290

Psaume 45:7
Ton trône, ô Dieu, est à toujours; Le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité. (Segond 1910)

Ce verset est cité en Hébreux 1:8 et notre explication de Psaume 45:7 peut être trouvé à l’endroit même où nous donnons l’exégèse de ce passage de l’épître aux Hébreux.

Psaume 110:1
Parole de l’Éternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. (Segond 1910)

Les commentateurs trinitaires émettent souvent l’opinion selon lequel « mon Seigneur » serait une traduction, dans ce verset, du mot hébreu adonai, un autre titre donné à Dieu. Il affirme qu’il s’agirait donc d’une preuve de la divinité du Messie. Non seulement ce n’est pas un argument valide, mais ce passage est, en fait, une des plus grandes preuves de l’humanité absolue du Messie promis. Le mot hébreu traduit par « mon Seigneur » est adoni (se prononçant différemment du mot « adonai » [5]) dans les textes hébreux standards. Ce terme est toujours utilisé dans la Bible pour désigner des maîtres et des seigneurs humains, il n’est jamais utilisé pour Dieu. Malheureusement, la plupart des concordances et des lexiques hébreux ne donne que la racine des mots et non pas le mot que l’on retrouve de fait dans le texte hébreu. C’est la raison pour laquelle les recherches bibliques effectués par des personnes utilisant des outils tel que la Strong’s Concordance se heurteront toujours à certaines limites [6]. Bien que cela n’affecte généralement pas l’interprétation du texte, dans certain cas, ce problème peut se révéler essentiel à la bonne compréhension d’un passage biblique, comme cela est le cas pour Psaume 110:1. Il est écrit dans Focus on the Kingdom:

En Psaume 110:1, la Bible donne au Messie un titre qui en fait ne décrit jamais Dieu. Le mot est adoni et, ainsi qu’il est utilisé à 195 reprises dans l’Ancien Testament, il désigne un individu de rang supérieur qui est humain (en certaines occasions, il peut s’agir d’un ange) - un être crée - et non pas Dieu. Ainsi, le Psaume 110:1 démontre bien que le Messie n’est pas Dieu, mais un être suprêmement exalté par Dieu [7].

La différence entre adon (la racine du mot), adoni (« seigneur », toujours utilisé pour désigner des hommes ou des anges) et adonai (qui désigne Dieu et est parfois épelé adonay) est essentiel à saisir si l’on veut bien comprendre Psaume 110:1. Le Lexique Hébreu de Brown, Driver et Briggs (BDB), considéré par de nombreuses personnes comme le meilleur lexique hébreu pour les anglophones, établit une distinction entre ces trois mots. Notez bien comment, dans le BDB, le terme adoni fait référence à des « seigneurs » qui ne sont pas Dieu, alors que le terme adonai fait, quand à lui, référence à Dieu [8].

(1) Référence à des hommes: mon seigneur, mon maître: (adoni)

(a) maître: Exode 21:5; Genèse 24:12+ (Version Annotée Neuchâtel); Genèse 44:5 (Version Annotée Neuchâtel); 1 Samuel 30:13 et 15; 2 Rois 5:3 (Version Annotée Neuchâtel), 20 et 22;

(b) mari: Genèse 18:2 (La Bible du Semeur);

(c) prophète: 1 Rois 18:7 et 13; 2 Rois 2:19; 2 Rois 4:16 et 28; 2 Rois 6:5; 2 Rois 8:5;

(d) prince: Genèse 42:10; Genèse 23:6, 11 et 15; Genèse 43:20; Genèse 44:18+; Genèse 47:18+; Juges 4:18;

(e) roi: 1 Samuel 22:12;

(f) père: Genèse 31:5;

(g) Moïse: Exode 32:22; Nombres 11:28; Nombres 12:11; Nombres 32:26 et 27; Nombres 36:2;

(h) prêtre: 1 Samuel 1:15 et 26;

(i) ange théophanique [un ange représentant Dieu]: Josué 5:14; Juges 6:13;

(j) chef militaire: 2 Samuel 11:11;

(k) référence généralement à une certaine forme de supériorité ou d’autorité: Genèse 24:18; Genèse 32:5+; Genèse 33:8+; Genèse 44:7+; Ruth 2:13; 1 Samuel 25:24+.

(2) Référence à Dieu: [adonai]. Notez bien que lorsque le mot fait référence à Dieu, il change et adopte une forme différente que lorsqu’il fait référence à des hommes. La voyelle après le « n » (la seconde lettre en partant de la gauche) a changée [9].

Dans la définition qui nous venons de lire, nous pouvons voir qu’adoni et adonai ont la même racine, adon, ce mot étant celui qui est listé dans les concordances et la plupart des lexiques. Néanmoins, le mot exact utilisé est différent. Adoni, le mot que l’on retrouve en Psaume 110:1, n’est jamais utilisé pour Dieu. Il est toujours utilisé pour un homme ou un ange occupant un rang supérieur. Que le terme adoni soit utilisé dans le texte hébreu pour désigner le Messie en Psaume 110 est une preuve majeure que le Messie n’est pas Dieu. Si le Messie avait dû être Dieu, alors le mot adonai aurait été utilisé. Cette distinction entre adoni (un seigneur) et adonai (le Seigneur, Dieu) existe même lorsque Dieu « apparaît » sous une forme humaine. En Genèse 18:3, Abraham s’adresse à Dieu qui lui « apparaît » sous une forme humaine, le texte utilise alors le mot adonai.

Les spécialistes de la Bible reconnaissent qu’une distinction doit être faite entre les mots adoni et adonai, et admettent qu’il est important de bien faire cette distinction. L’International Standard Bible Encyclopedia remarque:

La forme ADONI (« mon seigneur »), un titre de royauté (1 Samuel 29:8), doit être clairement différenciée du titre divin ADONAI (« mon Seigneur ») tel qu’il est utilisé pour Yahvé [10].

Il y a de nombreux cas où l’utilisation du terme adonai fait référence à des anges ou à des hommes, leur conférant ainsi un statut élevé, mais nulle part il n’est indiqué que la personne qui s’exprime croit qu’elle s’adresse alors à Dieu. Cela est lié à l’utilisation même de la langue hébraïque en général. L’étude de mots tel qu’Élohim démontre que ce mot est aussi utilisé de façon occasionnelle pour désigner des êtres humains occupant une position hiérarchique élevé. Les exemples bibliques où le terme adonai est utilisé pour désigner des êtres humains sont, entre autres, Genèse 19:18, Genèse 24:9 et Genèse 39:2. Par contraste avec l’utilisation d’adonai pour désigner de façon occasionnelle des êtres humains, il n’y a pas une seule fois où le mot adoni est utilisé pour désigner Dieu. Des hommes peuvent être exaltés, mais jamais Dieu n’est rabaissé à un rang subalterne.

Les 148 versets suivants contiennent 166 utilisations du mot adoni [11].Chacune de ces utilisations fait référence à un seigneur humain ou bien à un ange. Pas une seule fois ce mot n’est utilisé en référence à Dieu:

Genèse 23:6, 11 et 15; Genèse 24:12 (2 fois), 14, 18, 27 (3 fois), 35, 36, 37, 39, 42, 44, 48 (2 fois), 49, 65; Genèse 31: 35; Genèse 33:8, 13, 14 (2 fois), 15; Genèse 39:8; Genèse 42: 10; Genèse 43:20; Genèse 44:5, 7, 18 (2 fois), 19, 20, 22, 24; Genèse 47: 18 (2 fois), 25; Exode 21: 5; Exode 32:22; Nombres 11:28; Nombres 12:11; Nombres 32:25, 27; Nombres 36:2; Josué 5:14; Josué 10:1, 3; Juges 1:5, 6, 7; Juges 4: 18; Juges 6: 13; Ruth 2: 13; 1 Samuel 1: 15, 26 (2 fois); 1 Samuel 22:12; 1 Samuel 24: 8; 1 Samuel 25: 24, 25 (2 fois), 26 (2 fois), 27, 28, 29, 31, 41; 1 Samuel 26: 17, 18, 19; 1 Samuel 29: 8; 1 Samuel 30: 13, 15; 2 Samuel 1: 10; 2 Samuel 3: 21; 2 Samuel 9: 11; 2 Samuel 11: 11; 2 Samuel 13: 32, 33; 2 Samuel 14: 9, 12, 15, 17 (2 fois), 18, 19 (2 fois), 22; 2 Samuel 15: 15, 21 (2 fois); 2 Samuel 16: 4, 9; 2 Samuel 18: 31, 32; 2 Samuel 19: 19 (2 fois), 20, 26, 27, 30, 35, 37; 2 Samuel 24: 3, 21, 22; 1 Rois 1: 13, 17, 18, 20 (2 fois), 21, 24, 27 (2 fois), 31, 36, 37 (2 fois); 1 Rois 2: 38; 3: 17, 26; 18: 7, 10; 1 Rois 20: 4; 2 Rois 2: 19; 2 Rois 4: 16, 28; 2 Rois 5: 3, 18, 20, 22; 2 Rois 6: 5, 12, 15, 26; 2 Rois 8: 5, 12; 2 Rois 10: 9; 2 Rois 18: 23, 24, 27; 1 Chroniques 21: 3 (2 fois), 23; 2 Chroniques 2: 14, 15; Ésaïe 36: 8, 9, 12; Jérémie 37: 20; Jérémie 38: 9; Daniel 1: 10; Daniel 10: 16, 17 (2 fois), 19; Zacharie 1: 9; Zacharie 4: 4, 5, 13; Zacharie 6: 4.

Les 24 versets suivants contiennent l’expression [l’adoni], « à mon Seigneur ». Alors qu’en français on séparera la préposition du nom ou du verbe qui suit, en hébreu, la préposition est directement rattachée au mot. Genèse 24: 3, 54, 56; Genèse 32: 5, 6, 19; Genèse 44: 9, 16, 33; 1 Samuel 24: 7; 1 Samuel 25: 27, 28, 30, 31; 2 Samuel 4: 8; 2 Samuel 19: 29; 1 Rois 1: 2; 1 Rois 18: 13; 1 Rois 20: 9; 1 Chroniques 21: 3; Psaume 110: 1. Tout ces versets font référence à des seigneurs humains et non pas à Dieu.

Les 6 versets suivants contiennent l’expression suivante [v’adoni]: Genèse 18: 12; Nombres 36: 2; 2 Samuel 11: 11; 2 Samuel 14: 20; 2 Samuel 19: 28; 2 Samuel 24: 3.

La référence suivante contient l’expression suivante [m_adoni]: Genèse 47: 18.

Ceux qui étudient l’hébreu savent que le texte biblique original fut écrit sans ponctuation; c’est-à-dire, qu’il ne possède ni points, ni virgules et ne possède également nulles marques indiquant la présence de voyelles. Ainsi certains spécialistes du texte biblique pourraient avancer l’idée que puisque les marques signifiant la présence de telles ou telles voyelles ont été ajoutées bien plus tard dans les manuscrits hébreux, il est alors fort possible que les rabbins aient pu commettre une erreur dans le contexte bien précis de ce passage de la Bible. Il est cependant important de noter que bien que les deux mots hébreux adonai et adoni s’écrivent de la même façon, ils se prononcent différemment. La tradition orale juive a certainement permis de déterminer quelles voyelles devaient être placées en telle ou telle endroit. Ainsi, lorsque des signes identifiant la présence de telle ou telle voyelle furent ajoutés aux manuscrits hébraïques, ils le furent en fonction de la façon dont le texte avait toujours prononcé.

Que les Juifs aient toujours pensé au Messie comme devant être un homme - et non pas Dieu fait chair - est mis en évidence par le texte grec - à la fois dans la Septante et dans les citations du Nouveau Testament. Il est important de se souvenir que la Septante, la traduction grecque de l’Ancien Testament hébreu, fut réalisée autour de 250 av. J.-C., bien avant que n’ait vu jour le débat autour de la Trinité. La Septante va tout à fait dans le sens de l’idée selon laquelle le Psaume 110: 1 fait référence à un homme comme étant, dans ce contexte, le Seigneur. Il ne s’agit, dans ce cas, pas de Dieu. Adoni est rendu en grec par ho kurios mou.

Au 3ème siècle av. J.-C., les traducteurs de la LXX [la Septante] attestent bien de la distinction qui existe entre les différentes formes d’adon selon que le terme s’applique à Dieu ou à un homme. Ainsi, ils décidèrent de traduire adoni par ho kurios mou, « mon seigneur » [12].

Lorsque le Psaume 110: 1 est cité dans le Nouveau Testament, la même vérité quand à la seigneurie humaine du Messie est véhiculée par le texte.

Le Nouveau Testament, lorsqu’il cite Psaume 110: 1, rend l’adoni par « à mon seigneur » (to kurio mou). Par contraste, adonai ([Psaume 110] verset 5 et très souvent à d’autre endroit) est rendu par « le Seigneur » (kurios). Ceci prouve que la différence entre adonai et adoni était reconnue et reproduite en grec bien avant que les points indiquant les voyelles dans le texte massorétique ne fixent par écrit l’ancienne tradition orale de façon permanente [13].

Il est intéressant de noter que les exégètes bibliques n’ont souvent pas fait attention au texte de Psaume 110, ainsi qu’aux endroits où ce passage est cité dans le Nouveau Testament. Ils ont décrété que ce texte confirmait ce qu’il croyait être la Divinité de Christ. Le renommé Smith’s Bible Dictionnary contient un article intitulé le « Fils de Dieu » écrit par Ezra Abbot. On peut y lire:

De la même façon, après l’Ascension de Christ, les apôtres ont œuvré à faire comprendre aux Juifs que Jésus n’était pas seulement le Christ, mais qu’il était aussi une Personne Divine, et qu’il était même le Seigneur Jéhovah. Ainsi, par exemple, St. Pierre… [Abbot continue de la même manière décrivant comment Pierre témoigne que Dieu a fait Jésus à la fois « Seigneur et Christ. »] [14].

Nous croyons la conclusion d’Abbot erronée. En effet, il ne prête pas attention à la formulation exacte du texte hébreu. Même les experts ayant contribué au Smith’s Bible Dictionnary sont apparemment d’accord puisqu’une note de bas de page apporte un rectificatif à l’article d’Ezra Abbot. Voila ce qu’on peut lire dans la note de bas de page:

En attribuant à Pierre l’extraordinaire assertion selon laquelle « Dieu a fait Jésus JÉHOVAH », l’auteur de cette article semble avoir négligé le fait selon lequel kurion (« Seigneur ») en Actes 2: 36 fait référence à to kurio mou (« mon Seigneur ») au verset 34, qui est une citation tiré de Psaume 110: 1. Dans ce passage des Psaumes, le mot hébreu correspondant n’est pas Jéhovah mais adon - le mot utilisé couramment pour « seigneur » ou « maître ». Le sens que St. Pierre veut donner à cette citation extraite de l’Ancien Testament est illustré par le langage qu’il emploie en d’autres endroits; voir Actes 5: 31 [où Pierre appelle Jésus un « Prince », etc.] [15].

La note de bas de page est parfaitement exacte, sachant qu’en Psaume 110 le mot est utilisé pour désigner un « seigneur » ou un « maître » et non pas pour désigner Dieu. Ainsi Psaume 110: 1 offre une claire évidence que le Messie de Dieu espéré par les Hébreux ne devait pas être Dieu lui-même, mais une créature de Dieu. Les Juifs écoutant Pierre au jour de la Pentecôte comprenaient très certainement qu’ainsi Pierre confirmait l’idée selon laquelle Jésus était un « homme approuvé de Dieu » (verset 22 - version Darby) et également un être créé- voir le « mon seigneur » de Psaume 110: 1 cité juste un peu plus loin (verset 34) par Pierre. L’utilisation d’adoni dans le verset 1 du Psaume 110 démontre de façon claire que les Juifs n’espéraient pas de leur Messie qu’il soit Dieu. Ils espéraient au contraire qu’il s’agirait d’un « seigneur » humain.

Proverbes 8:23
J’ai [la sagesse] été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre. (Segond 1910)

Occasionnellement, un trinitaire utilisera ce verset pour tenter de défendre la Trinité et pour affirmer la préexistence de Christ, en avançant que « la sagesse » a été établie depuis l’éternité. Christ serait, selon cette perspective, la « sagesse de Dieu » (1 Corinthiens 1:24). Christ serait ainsi établi depuis l’éternité. L’usage de ce verset à de telles fins n’est pas considéré comme valable même parmi les trinitaires, et cela pour de bonnes raisons. La sagesse dans les Proverbes fut « établie » par Dieu, et est ainsi subordonnée à Dieu. Une lecture attentive de ce verset, et du contexte dans lequel il est trouvé, montre que la sagesse fut « créée la première de ses [Dieu] œuvres » (verset 22). Si cette « sagesse » devait être Christ, alors Christ serait la première création de Dieu, ce qui est une doctrine défendue par les Ariens et est considéré comme hérétique par les trinitaires orthodoxes. Ainsi, nombreux furent les Pères de l’Église qui rejetèrent ce verset comme ne pouvant être utilisé pour défendre la Trinité, parmi ceux-ci on peut compter des Pères de l’Église « d’importance » tel que Athanase, Basile, Grégoire 1er, Épiphane et Cyrille. Nous rejetons également un tel usage de ce passage, mais pour de différentes raisons. Se saisir d’un concept et en parler comme s’il s’agissait d’une personne, ceci est une figure de style que l’on appelle personnification. La personnification permet souvent de mieux saisir un concept ou une idée, puisque, étant des êtres humains, nous sommes plus facilement disposés à entrer en contact avec des êtres humains et à comprendre ce qui s’y rattache. L’usage de la personnification était commun parmi les Juifs et la sagesse de Dieu est ainsi personnifiée en Proverbes. Christ a pu être considéré en Corinthiens comme étant la sagesse de Dieu, mais ce n’est qu’en vertu de ce que Dieu a accompli au travers de lui.

Catéchisme Racovien, pages 73-75

Ésaïe 7:14
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. (Segond 1910)

Certaines personnes croient que puisque Jésus devait être appelé « Emmanuel » (« Dieu avec nous »), alors il doit être Dieu incarné. Ceci n’est pas le cas. Pour une explication complète sur ce sujet, veuillez vous référer à la note faite plus loin concernant Matthieu 1:23.

Ésaïe 9:6
On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. (Segond 1910)

1. Les trinitaires devraient admettre que ce verset est imparfaitement traduit par le fait même que Jésus n’est appelé « Père éternel » nulle part ailleurs dans les Écritures. En fait, les trinitaires rejettent très justement le fait selon lequel Jésus serait le « Père éternel ». Il est fondamental, selon la doctrine trinitaire, de ne pas « confondre les Personnes, ni diviser la substance » (Le Symbole d’Athanase). Ainsi, si ce verset est réellement traduit de façon correcte, les trinitaires font face à un réel problème d’interprétation. Toutefois, le mot qui fut rendu par « éternel » devrait en fait être traduit par « âge », et la traduction correcte est ainsi que Jésus sera appelé le « père de l’âge [à venir] ».

Dans la culture biblique, tous ceux qui commençaient quoique ce soit, et qui étaient vraiment important par ce qu’ils avaient commencé, étaient appelés « père » en référence à cela. Par exemple, puisque Jabal était le premier à vivre sous une tente et à élever du bétail, la Bible nous dit qu’il fut « le père de ceux qui habitent sous des tentes et près des troupeaux » (Genèse 4:20). De la même manière, puisque Jubal, le père de Jabal, fut le premier inventeur d’instrument de musique, il est appelé « le père de tout ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau » (Genèse 4:21). Les Écritures n’utilisent pas dans ces versets le terme « père » au sens littéral de père ou d’ancêtre. On sait en effet que ces deux hommes étaient des descendants de Caïn et que leurs propres descendants moururent lors du déluge. « Père » est ici utilisé de manière figurée pour désigner celui qui fut le premier à commencer telle ou telle pratique et qui est ainsi reconnu important pour cela. Puisque le Messie devait être le premier à établir l’âge à venir par sa résurrection d’entre les morts, puisqu’il devait être fait Seigneur de cet âge à venir, il est ainsi appelé « père de l’âge à venir ».

2. Le terme « Dieu puissant » pourrait aussi être traduit d’une meilleure façon. Bien que le mot « Dieu » puisse être traduit dans la culture hébraïque de bien plus nombreuses façons qu’il ne peut l’être dans notre culture, le lecteur ordinaire ne comprend pas cela et n’en a pas conscience. Les lecteurs familiers avec les langues sémitiques savent qu’un homme qui agit sous l’autorité de Dieu peut être appelé « dieu ». Bien que le français fasse une distinction claire entre « Dieu » et « dieu », la langue hébraïque, n’utilisant que des lettres majuscules, ne fait pas cette distinction. Une traduction plus précise à l’attention du lecteur francophone serait « puissant héros », ou bien « héros divin ». Martin Luther et James Moffat ont, tous les deux, traduit l’expression par « héros divin » dans leurs traductions de la Bible (Pour en connaître plus sur la flexibilité de l’usage du mot « Dieu », voyez les notes sur Hébreux 1:8).

3. Il existe, en Ézéchiel 31:11, un exemple clair de l’usage du même mot traduit par « Dieu » en Ésaïe 9:6 pour désigner un puissant dirigeant humain. Dans le cas d’Ézéchiel 33:11, le mot désigne le roi babylonien. Le parti pris trinitaire de la plupart des traducteurs de la Bible est mis en évidence si l’on compare Ésaïe 9:6 (el = « Dieu ») avec Ézéchiel 31:11 (el = « héros »). Si appelé le Messie el fait de lui Dieu, alors le roi babylonien devrait également être considéré comme étant Dieu. Ésaïe parle ici du Messie de Dieu et le décrit comme un puissant dirigeant, ce qu’il était appelé à devenir à l’époque où fut écrit cette prophétie.

L’expression traduite par « Dieu puissant » en Ésaïe 9:6, selon la version Segond, est en fait el gibbor. La même expression est utilisé, sous sa forme plurielle, en Ézéchiel 32:21 pour désigner les « puissants héros » qui, par l’usage de la figure de style appelée personnification, sont décrits comme prenant la parole du séjour des morts. Cette expression est traduite par « puissants héros » dans la version Segond et par les « forts d’entre les puissants » selon la version Darby. De la même façon, l’expression utilisé au singulier peut référer à un homme « fort d’entre les puissants » ou à un « puissant dirigeant » ou « puissant héros ».

4. Le contexte du passage permet d’offrir de nombreux éclairages sur ce verset. Il est également démontré, de par le contexte, qu’il n’y a nulle raison de voir en ce passage un argument en faveur de la Trinité. Il est plutôt fait référence ici à un puissant dirigeant choisi par Dieu. Le verset qui introduit le chapitre prédit un temps où « sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre de la mort, une lumière resplendit ». La guerre et la mort cesseront, et « toute chaussure que l’on porte dans la mêlée, et tout vêtement guerrier roulé dans le sang seront livrés aux flammes » (verset 4). Comment cela adviendra-t-il donc? La lecture de la suite du chapitre nous donne de plus amples détails: « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné » (verset 5). Il n’y a nulle allusion au fait que cette enfant puisse être « Dieu » et des érudits trinitaires réputés vont affirmer que les Juifs de l’Ancien Testament ne savaient rien de l’ « incarnation ». Pour les Juifs, le Messie devait être un homme oint par Dieu. Il devait d’abord être un enfant, ce que Yahvé, leur Dieu éternel ne pouvait bien sûr jamais être. Cet homme devait grandir et devenir un dirigeant puissant: « la domination reposera sur ces épaules; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de paix ». De plus, le Messie est appelé à régner sur le trône de David (verset 6), ce qui ne peut bien sûr pas être affirmé de Dieu. Dieu ne pourrait jamais s’asseoir sur le trône de David. Il est bien plus puissant que cela. Mais, le Messie de Dieu, « le Fils de David » (Matthieu 9:27), pourrait lui s’asseoir sur le trône de David. Ainsi, une étude sérieuse de ce verset dans son contexte permet de démontrer qu’il n’est fait nulle référence à la Trinité, mais bien plutôt au Messie, le Fils de David et le Fils de Dieu.

Buzzard, pages 45 et 51
Farley, pages 47-49
Morgridge, pages 105 et 106
Snedeker, pages 397 et 403

Ésaïe 43:11
C’est moi, moi qui suis l’Éternel, Et hors de moi il n’y a point de sauveur. (Segond 1910)

Pour d’amples explications sur l’usage du terme Sauveur dans la Bible, référez-vous aux notes en lien avec Luc 1:47 et consultez notre livre au chapitre 17 intitulé « Dieu est-il le Seul qui puisse Sauver? ».

Ésaïe 44:6
Ainsi parle l’Éternel, roi d’Israël et son rédempteur, l’Éternel des armées: Je suis le premier et je suis le dernier, Et hors de moi il n’y a point de Dieu. (Segond 1910)

Voir les notes sur Apocalypse 1:17.

Matthieu 28 :19
« Allez, faites de toutes les nations mes disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »

1. Eusèbe (260-340) était l’évêque de Césarée et est connu comme « le Père de l’histoire de l’Eglise. » Bien qu’il eût une œuvre prolifique, son livre le plus célèbre est son « Histoire Ecclésiastique », une histoire de l’Eglise de la période Apostolique jusqu’à son propre temps. Aujourd’hui ce livre demeure le principal travail sur l’histoire de l’Eglise à cette époque. Eusèbe cite plusieurs versets dans ses écrits, et Matthieu 28 :19 l’un d’eux. Il ne le cite jamais comme il apparaît aujourd’hui dans les Bibles modernes, mais finit toujours le verset avec les mots « en mon nom. » Par exemple, dans le livre III de son Histoire, Chapitre 5, Section 2, qui porte sur la persécution juive des premiers chrétiens, nous lisons :

Mais le reste des apôtres, qui avaient été trahis et contre lesquels on avait sans cesse comploté en vue de leur extermination, et qui avaient été chassés de la Judée, allaient dans toutes les nations prêcher l’Evangile, s’appuyant sur la puissance de Christ, qui leur avait dit : « Allez et faites des disciples dans toutes les nations en mon nom. »

De même, dans son Oraison à la louange de l’Empereur Constantin, Chapitre 16, Section 8, nous lisons :

Quel roi ou prince de n’importe quelle époque du monde, quel philosophe, législateur ou prophète, dans les terres civilisées ou barbares, est parvenu si grandement à une hauteur d’excellence, je ne dis pas après la mort, mais encore de son vivant, plein de toute puissance, comme pour remplir les oreilles et les langues de toute l’humanité avec les louanges de son nom ? Certainement personne sinon notre seul Sauveur qui a dit ceci, quand, après sa mort, il prononça cette parole à ses disciples, en leur disant, « Allez et faites des disciples dans toutes les nations en mon nom. »

Eusèbe était présent au concile de Nicée et était impliqué dans les débats sur l’enseignement d’Arian pour savoir si Jésus-Christ était Dieu ou une création de Dieu. Nous sommes convaincus que si le manuscrit qu’il avait devant lui se lisait « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », il ne l’aurait jamais cité comme « en mon nom. » Ainsi, nous croyons que les premiers manuscrits se lisaient « en mon nom », et que la phrase avait été modifiée pour refléter la position orthodoxe comme une expansion de l’influence Trinitaire.

2.Si Matthieu 28 :19 est approprié tel qu’il se tient dans les versions modernes, il n’y aurait alors pas d’explication à la désobéissance apparente des apôtres, puisqu’il n’y a aucune seule indication d’eux comme baptisant quelqu’un selon cette formule. Tous les récits dans le Nouveau Testament montrent que les gens étaient baptisés au nom du Seigneur Jésus-Christ, exactement comme le texte d’Eusèbe le disait. En d’autres termes, le « nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire tout ce qu’il représente, est l’élément, ou la substance, dans lequel les gens étaient figurativement « baptisés ». Pierre avait répondu : « Repentez-vous et soyez baptisés, chacun de vous, au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés. » ( Actes 2 : 38). « Ils avaient seulement été baptisés au nom de Jésus-Christ. » (Actes 19 : 5). « Ainsi il ordonna qu’ils soient baptisés au nom du Seigneur Jésus. » (Actes 19 : 5). Nous ne pouvons imaginer aucune raison pour les apôtres et les autres en Actes de désobéir à un commandement du Christ ressuscité. Pour nous, il semble clair que Christ avait dit de baptiser en son nom, et c’est ce que l’Eglise avait fait.

3. Même si le Père, le Fils, et le saint-esprit étaient mentionnés dans le texte original de ce verset, ceci ne prouve pas la Trinité. La doctrine de la Trinité déclare que le Père, le Fils et « le Saint-Esprit » ensemble forme « un seul Dieu ». Ce verset se réfère à trois, mais ne dit jamais qu’ils sont « un ». Les trois choses auxquelles ce verset se réfère sont : Dieu le Père, le Seigneur Jésus et la puissance du saint-esprit ( nous disons « saint-esprit » au lieu de « Saint-Esprit » parce que nous croyons que ce verset se réfère le don du saint-esprit qui naît à l’intérieur de chaque croyant. C’est un moindre cas parce qu’il se réfère au don de Dieu et non à Dieu. Les textes originaux grecs étaient écrits dans ce que les érudits appellent « écrits oncial », qui utilisent les lettres capitales. Ainsi, bien que nous fassions aujourd’hui une distinction entre « Esprit » et « esprit », dans les originaux tout usage était juste « ESPRIT ». Le mot en majuscule et le mot en minuscule relevaient des caprices du traducteur basées sur le contexte du verset.

Il devrait être clair que trois choses séparées ne forment pas « un Dieu ». Morgridge écrit :

Aucun passage des Ecritures ne certifie que Dieu est trois. S’il m’était demandé ce que j’entends qualifier par le chiffre trois, je répondrais, rien qui plaise au lecteur. Il n’y a aucune écriture qui certifie que Dieu est trois personnes, trois agents, trois êtres, trois Dieu, trois esprits, trois substances, trois modes, trois bureaux, trois attributs, trois divinités, trois intelligences infinies, trois n’importe quoi, trois opposés, trois dans n’importe quel sens que ce soit. La vérité de ceci a été admise par chaque trinitaire qui a écrit ou prêché sur le sujet.

4. On déclare souvent que pour être baptisé en quelque chose, ce quelque chose doit être Dieu, mais ce raisonnement est faux, parce que les écritures déclarent que les israélites étaient « baptisés en Moïse » (1 corinthiens 10 : 2).

5. On déclare souvent que le Père, le Fils et l’esprit ont « un seul nom » ; ainsi, ils doivent être un. C’est un principe de base de la doctrine trinitaire de ne pas « confondre ces personnes » ( le credo Athanasien), et on confond en fait les personnes d’appeler les trois par un « nom », particulièrement puisqu’aucun tel « nom » n’a jamais été donné dans les Ecritures ( Dieu n’est pas un nom). Si le verset était en train d’enseigner la doctrine trinitaire et mentionnait les trois « personnes », il devrait alors employer le mot « noms ». Il y a une bien meilleure explication pour laquelle « nom » est utilisé au singulier.

Une étude de la culture et langue montre que le mot « nom » est pris dans le sens « d’autorité ». Les exemples sont multiples, mais l’espace ne permet qu’une petite sélection. Deutéronome 18 : 5 et 7 parle de servir « au nom » (autorité) du Seigneur. Dans 1 Samuel 17 : 45, David avait attaqué Goliath « au nom » (autorité) du Seigneur. Dans 2 Rois 2 : 24, Elisée avait maudit les fauteurs de trouble au « nom » (autorité) du Seigneur. Ces Ecritures ne sont juste qu’un échantillon, mais elles sont très claires. Si les versions modernes de Matthieu 28 :19 sont exacts (ce dont nous doutons, voir ci-dessus), nous ne voyons pas encore qu’il prouve la Trinité. Plutôt, ils montrent l’importance des trois : le Père qui est Dieu, le Fils ( à qui l’autorité avait été donnée par Dieu [ Matthieu 28 : 18] et le saint-esprit, qui est le don de Dieu.

6. En lisant le livre de Matthieu, nous notons qu’il n’y a pas de présentation de la doctrine de la Trinité. Certains Trinitaires remarquables doutent que les apôtres aient reçu une présentation de la doctrine jusqu’après qu’ils aient reçu le saint-esprit. Il serait étrange en fait pour Jésus-Christ d’introduire la doctrine de la Trinité ici dans presque le dernier verset du livre sans qu’elle ne soit mentionnée plus tôt.

Jean 1: 1
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

Il est impérieux que l’étudiant sérieux de la Bible arrive à une compréhension fondamentale du mot logos, qui est traduit par « Parole » en Jean 1 :1. La plupart des trinitaires croient que le mot logos renvoie directement à Jésus-Christ ; c’est ainsi que dans la plupart des versions de Jean, le mot logos est capitalisé et traduit par « Parole » ( quelques versions écrivent même Jésus-Christ à la place de ce mot dans Jean1 :1). Cependant une étude du mot grec logos montre qu’il apparaît plus de 300 fois dans le Nouveau Testament; et aussi bien dans la New International Version que dans le King James, le mot logos n’est capitalisé que sept (7) fois (et même ces versions ne s’accordent pas sur le point de savoir quand faut-il exactement capitaliser et à quel moment ne faut-il pas capitaliser le mot logos). Quand un mot apparaît plus de 300 fois et n’est écrit en majuscule que moins de 10 fois, il marque l’évidence que le moment où il faut le mettre en majuscule est la décision des traducteurs basée sur leur compréhension particulière des Ecritures.

Tel qu’il est utilisé à travers les Ecritures, le mot logos a une très large étendue de significations à travers deux lignes fondamentales de pensée. L’une est l’intelligence ou les produits de l’intelligence telle que « la raison » ( ainsi le mot « logique » est liée au mot logos) et l’autre est l’expression de cette « raison » telle qu’une « parole », un « dire », « un commandement » etc. La Bible elle-même démontre la large étendue de significations que le mot logos possède, et certaines façons dont il est traduit dans les Ecritures sont : récit, apparition, livre, commandement, conversation, éloquence, flatterie, doléances, entendu, instruction, affaire, message, ministère, nouvelle, proposition, question, raison, raisonnable, réponse, compte-rendu, règle, rumeur, dicton, dire, sentence, peine, parleur, parler, parole, histoires, légende, racontar, raconter, enseigner, témoignage, chose, choses, ceci, vérités, ce que, pourquoi, mot, mots.

N’importe quel bon lexique grec montrera aussi cette large étendue de significations (les mots en italiques sont les traductions de logos) :

  • Parler ; les mots que vous dites (Romains 15 :18 : « ce que j’ai dit, fait » (la New American Standard Bible, NASB, (Louis Segond donne : « je n’oserais mentionner aucune chose »).
  • Une déclaration que vous faites (Luc 20 : 20(version NASB) : « ils pourraient l’avoir dans une certaine déclaration »< Louis Segond donne : « …lui tendre des pièges et saisir de lui quelque parole…<).
  • Une question (Matthieu 21 :24(version NASB) : « je vous poserai aussi une question » < Louis Segond donne : « …. Je vous adresserai aussi une question »)
  • Prêcher (1 Timothée 5 :17 (version NASB) : « plus précisément ceux dont l’œuvre est de prêcher et d’enseigner »
  • Commandement (Galates 5 :14(version NASB) : « toute la loi entière est résumée en un seul commandement »< Louis Segond donne : « Car toute la loi est accomplie dans une seule parole »).
  • Proverbe, dicton (Jean 4 : 37 (version NASB : « ainsi le dicton : un sème, et un autre moissonne » < Louis Segond donne : « … en ceci qu’on dit est vrai… »).
  • Message, instruction, proclamation (Luc 4 :32 (version NASB) : « son message avait de l’autorité »< Louis Segond : « … frappé de sa doctrine ; car il parlait avec autorité. »).
  • Assertion, déclaration, enseignement (Jean 6 : 60(version NASB) : « c’est un enseignement difficile »
  • Le sujet de la discussion, l’affaire (Actes 8 : 21(version NASB) : « Tu n’as aucune part ou portion dans ce ministère », Actes 15 : 6 : « Et les Apôtres…. se réunirent pour examiner cette affaire. », Louis Segond donne : « Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire,.. », « Les Apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette affaire. »).
  • Révélation de Dieu (Matthieu 15 : 6(version NASB) : « vous infirmez la Parole de Dieu »
  • Un compte, un calcul (Matthieu 12 : 36 (version NASB) : « les hommes auront à rendre compte au jour du jugement. »
  • Un compte ou « affaire » dans un sens financier (Matthieu 18 : 23 : « Un roi qui voulut établir des comptes avec ses serviteurs », Philippiens 4 :15 : « l’affaire de donner et de recevoir. »
  • Une raison, un motif (Actes 10 : 29 (version NASB) : « je demande pour quelle raison vous m’avez envoyer chercher. »

La liste ci-dessus n’est pas exhaustive, mais elle montre que le mot logos a une très large étendue de significations. De toutes les définitions et de toutes les manières dont le mot logos peut être traduit, comment pouvons-nous décider de la signification du mot logos à choisir pour un verset quelconque ? Comment peut-on déterminer ce qu’est le mot logos dans Jean 1 :1 ? N’importe quelle apparition du mot logos doit être soigneusement étudiée dans son contexte afin d’obtenir la signification appropriée. Nous affirmons que le mot logos de Jean 1 :1 ne peut pas être Jésus. Veuillez remarquer que « Jésus-Christ » n’est pas une définition lexicale de logos. La Parole n’est pas synonyme de Jésus, ou même du « Messie ». Le mot logos dans Jean1 :1 renvoie à la propre expression créatrice de Dieu__ Sa raison, ses buts, et plans, plus précisément quand ils sont ramenés en action. Cela se réfère à la propre expression de Dieu, ou communication de Lui-même. Cela est arrivé à travers Sa création ( Romains 1 : 19-20 : (19) car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître.

(20) En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables. »), plus précisément les cieux (Psaume 19). Cela est venu à travers la parole orale des prophètes et à travers les Ecritures, la parole écrite. Plus particulièrement et finalement, cela est arrivé à l’existence à travers son Fils (Hébreux 1 :1-2 : « Après avoir autrefois, et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes,

Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi crée le monde, »

L’érudit trinitaire de renommée, John Lightfoot, écrit :

Le mot logos, indiquant alors, à la fois « la raison » et le « discours », était un terme philosophique adopté par le judaïsme alexandrien avant que Saint Paul ne se mît à écrire, pour exprimer la manifestation du Dieu invisible dans la création et le gouvernement du Monde. Il incluait tous les moyens par lesquels Dieu se fait connaître à l’homme. En tant que Sa raison, il indiquait Son but et, (ou) Son dessein ; en tant que Son discours, il impliquait Sa révéla- tion. Quand les docteurs chrétiens (enseignants de la Parole) ont adopté ce terme, ils l’ont exalté et fixé ses significations en l’attachant à deux idées précises et définies : (1) « la Parole est une personne divine », (2) la Parole s’incarnait en Jésus-Christ. » Il est manifeste que ces deux propositions ont déformé matériellement tous les termes liés à l’idée du logos.

Il est important de noter que ce sont les « docteurs chrétiens » qui avaient attaché l’idée « d’une personne divine » à logos. Il est certainement vrai que quand le mot logos venait à être compris comme étant Jésus-Christ, la compréhension de Jean 1 :1 avait été déformée substantiellement. Lightfoot comprend correctement que la signification originelle de logos concernait la raison et le discours, mais pas « Jésus-Christ ». Norton développe le concept du mot logos comme étant la « raison » et écrit ce qui suit :

Il n’y a pas en anglais (français) de mot répondant au mot grec logos, comme employé ici [ en Jean1 :1]. Il est employé pour indiquer un mode de conception concernant la Divinité, connu au moment où Saint Jean avait écrit et intimement mêlé à la philoso- phie de son époque, mais depuis longtemps dépassée, et tellement étranger à notre ma- nière de penser qu’il n’était pas facile pour nous de conformer nos intelligences à sa compréhension. Le mot grec logos, dans l’un de ses sens primaires, répondait presque à notre mot Raison. Le logos de Dieu était considéré, non dans son sens le plus strict, comme simplement la Raison de Dieu ; mais, sous certains aspects, comme la Sagesse, l’Intelligence, l’Intellect de Dieu (PP 307).

Norton postule que peur-être que « la puissance de Dieu » devrait être une bonne traduction pour logos (p.323). Buzzard établit « le plan », « le but », ou « la promesse » comme trois traductions acceptables. Broughton et Southgate disent « les pensées, le plan, ou le but de Dieu, particulièrement en action. » Plusieurs spécialistes identifient le logos à la sagesse et la raison de Dieu.

Le logos est l’expression de Dieu, et est la communication de Lui-même, juste comme un « mot » est une expression externe des pensées d’une personne. Cette expression externe de Dieu est apparue maintenant à travers Son Fils, et elle est ainsi parfaitement compréhensible ; voilà pourquoi Jésus est « la Parole ». Jésus est une expression externe de la raison, de la sagesse, du but, et du plan de Dieu. Pour la même raison, nous appelons révélation « une parole de Dieu » et la Bible « la Parole de Dieu. »

Si nous comprenons que le logos est l’expression de Dieu__ Son plan, ses buts, sa raison et sa sagesse, il est clair qu’ils étaient en effet avec Lui « au commencement ». Les Ecritures disent que la sagesse de Dieu était « depuis le commencement » (Proverbes 8 : 23 : « J’ai été établie depuis l’éternité, Dès le commencement, avant l’origine de la terre. ») Il était très commun en écriture hébreu de personnifier un concept tel que la sagesse. Aucun juif de l’ancien temps lisant les Proverbes n’aurait pensé que le sagesse de Dieu était une personne séparée, quand bien même elle eut été peinte comme telle dans les versets tels que Proverbes 8 : 29-30 : « Lorsqu’il donna une limite à la mer, Pour que les eaux n’en franchissent pas les bords, Lorsqu’il posa les fondements de la terre.

(30) J’étais à l’œuvre auprès de lui, Et je faisais tous les jours ses délices, Jouant sans cesse en sa présence, »

(NASB) verset 30 : « …Quand il posa les fondements de la terre, j’étais [ la sagesse] l’artisan à ses côtés. »

La plupart des lecteurs juifs de l’évangile de Jean seraient familiers avec le concept de la « Parole de Dieu » étant avec Dieu comme il travaillait à amener Sa création à l’existence. Il y a une œuvre manifeste de la puissance de Dieu en Genèse1, comme Il amène Son plan à la concrétisation en parlant des choses à être. Les Targums sont bien connus pour décrire la sagesse et l’action de Dieu comme Sa « Parole ». Ceci est particulièrement important à noter parce que les Targums sont des traductions de l’Araméen et des paraphrases de l’Ancien Testament, et l’Araméen était la langue parlée de beaucoup de juifs à l’époque de Jésus-Christ. En rappelant qu’un Targum est habituellement une paraphrase de ce que le texte hébreu disait, notez comment les exemples suivants attribuent l’action à la parole :

  • Et la parole du Seigneur était l’aide de Joseph (Genèse 39 : 2)
  • Et Moïse amena le peuple à rencontrer la parole de l’Eternel (Exode 19 :17)
  • Et la parole du Seigneur accepta la face de Job (Job 42 : 9).
  • Et la parole du Seigneur ria d’eux avec mépris (Psaume 2 : 4).
  • Ils croyaient au nom de Sa parole ( Psaume 106 :12).

Les exemples ci-dessus démontrent que les juifs étaient familiers à l’idée de la Parole de Dieu se réfère à Sa sagesse et son action. Ceci est particulièrement important à noter parce que ces juifs étaient foncièrement monothéistes, et ne croyaient en aucune manière en un « Dieu trin. » Ils étaient familiers aux idiomes de leur propre langue, et comprenaient que la sagesse et la puissance de Dieu étaient personnifiées comme étant « la parole. »

Les juifs parlant le grec étaient aussi familiers avec la force créatrice de Dieu comme étant désignée par « la parole. » J.H. Bernard écrit, « Quand nous partons de la Palestine à Alexandrie [Egypte], de la littérature hébreu sapiential [ sagesse] à celle qui était écrite en Grec, nous trouvons cette sagesse créatrice identifiée au logos Divin, Hébraïsme et Hellénisme arrivant alors en contact. » Un exemple de ceci se trouve dans un livre Apocryphe connu comme la Sagesse de Salomon, qui dit, « Ô Dieu de mes pères et Seigneur miséricordieux qui a fait toutes choses par ta parole (logos) et par ta sagesse as formé l’homme… » (9 :1). Dans ces versets la « parole » et la « sagesse » sont aperçues comme la force créatrice de Dieu, mais sans être une « personne. »

Le logos, qui est le plan, le but et la sagesse de Dieu, « devint chair » ( venaient en concrétisation ou existence physique) en Jésus-Christ. Jésus est « l’image du Dieu invisible » (Colossiens1 :15) et Son émissaire en chef, son représentant et son agent. Parce que Jésus avait parfaitement obéi à son Père, il représente chaque chose que Dieu devrait communiquer sur lui-même à une personne humaine. Comme tel, Jésus pouvait dire, « Si tu m’as vu, tu as vu le Père. » ( Jean 14 : 9). Le fait que le logos « devint » chair montre qu’il n’avait pas existé de cette manière auparavant. Il n’y a pas de préexistence de Jésus dans ce verset sinon que son existence « figurée » comme plan, but ou sagesse de Dieu pour le salut de l’homme. Ceci est aussi vrai avec la parole écrite. Il n’y avait pas de préexistence comme un « livre esprit » quelque part dans l’éternité passé, mais elle est arrivée à l’existence quand Dieu donna la révélation au peuple et ils l’ont écrite.

La dernière expression dans le verset, que plusieurs versions traduisent par « et la Parole était Dieu » ne devrait pas être traduite de cette manière. La langue grecque utilise le mot « Dieu » (du Grec theos) pour se référer aussi bien à Dieu qu’aux autres autorités. Celles-ci incluent le Diable (2 Corinthiens 4 : 4 : « Pour les incrédules dont le dieu de ce monde a aveuglé les intelligences… »), les dieux moindres (1 Corinthiens 8 : 5 : « Car, s’il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, ») et des hommes d’une grande autorité (Jean 10 : 34 : « Jésus leur répondit : N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? (35) Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressé, et si l’Ecriture ne peut être anéantie, » et Actes 12 : 22 : « le peuple s’écria : Voix d’un dieu, et non d’un homme ! ») A l’époque où le Nouveau Testament était écrit, les manuscrits grecs étaient écrits en lettres capitales. Les lettres en gros et en petit caractère n’étaient pas mélangées comme nous le faisons aujourd’hui. Ainsi, la distinction que nous faisons aujourd’hui entre « Dieu » et « dieu » ne pouvait pas se faire, et le contexte devenait le juge pour déterminer le sens à donner à « THEOS ».

Bien que le contexte soit l’arbitre final, il en est presque toujours dans le Nouveau Testament que quand « Dieu » se réfère au Père, l’article défini apparaît dans le texte grec ( cet article ne peut être vu que dans le texte grec, il n’est jamais traduit en Anglais). Les traducteurs sont généralement très sensibles à cela. La différence entre theos avec ou sans article apparaît dans Jean 1 :1 : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu [ le theos], et la Parole était [theos] (Dieu) » Puisque l’article défini manque dans la deuxième apparition de « theos » (« Dieu ») la signification habituelle serait « dieu » ou « divin ». La New English Bible (La Nouvelle Bible Anglaise) obtient le sens de cette phrase en la traduisant comme ceci : « Ce que Dieu était, la Parole était. » James Moffat qui était un professeur de Grec et de l’Exégèse du Nouveau Testament à Mansfield ( à l’Université d’Oxford) en Angleterre, et l’auteur d’une bible bien connue, la Bible de Moffat, traduit la phrase de la manière suivante : « le logos était divin. »

Un explication très claire sur la manière de traduire theos sans article défini peut être trouvée dans « Jésus tel qu’ils l’ont connu », de William Barclay, un professeur à Trinity College à Glasgow :

Dans un cas comme celui-ci nous ne pouvons pas faire autrement que d’aller dans le

Grec, qui est theos en ho logos. Ho est un article défini, « le », et on peut voir qu’il y a un article défini avec logos, mais pas avec theos. Quand en Grec deux noms sont reliés par le verbe « être », et quand les deux ont un article défini, alors l’un doit être complètement destiné à être identifié à l’autre ; mais quand l’un d’eux est sans article, il devient plus un adjectif qu’un nom, et décrit plus la classe ou la sphère à laquelle l’autre appartient.

Une illustration de l’anglais rendra cela clair. Si je dis, « le prédicateur est l’homme », j’emploie l’article défini à la fois devant prédicateur et homme, et de ce fait j’identifie le prédicateur avec une personne tout à fait définie que j’ai dans mon intelligence. Mais, si je dis : « le prédicateur est homme », j’ai omis l’article défini devant homme, et ce que je veux dire est que le prédicateur doit être classifié comme un homme, il est dans la sphère de l’homme, il est un être humain.

[ Dans la dernière phrase de Jean 1 :1] Jean n’a pas mis d’article devant theos, Dieu. Le logos, alors, n’est pas identifié comme Dieu ou avec Dieu ; le mot theos est devenu adjectif et décrit la sphère à laquelle le logos appartient. Nous aurions de ce fait à dire que ceci signifie que le logos appartient à la même sphère que Dieu ; sans être identifié avec Dieu, le logos à le même mode de vie et d’être que Dieu. Ici la New English Bible (La Nouvelle Bible Anglaise) trouve la traduction parfaite : « Ce que Dieu est, la Parole est. »

Il est important de comprendre que la Bible n’était pas écrite dans le vide, mais avait été rapportée dans le contexte d’une culture et était comprise par ceux qui avaient vécu dans cette culture. Quelquefois, les versets qui nous semblent superflus ou difficiles à comprendre étaient cependant significatifs aux lecteurs de l’époque parce qu’ils étaient bien au fait de la culture et des croyances propagées par ceux qui les entouraient. Au premier siècle, il y avait beaucoup de croyances en concurrence dans le monde (et malheureusement , des croyances erronées dans la chrétienté) qui étaient en train de confondre les croyants sur les identités de Dieu et Jésus-Christ. Plusieurs siècles avant Jésus-Christ, et à l’époque où le Nouveau Testament était écrit, les croyances irrationnelles sur les dieux grecs avaient été transmises. Ce corps d’informations religieuses était connu par le mot « muthos », que nous appelons aujourd’hui « mythes » ou « mythologie. » Ce muthos, ces mythes, étaient souvent irrationnels, mystiques, et au-delà de toute compréhension ou explication. Plus on devient familier avec les mythes grecs, mieux on comprendra notre insistance sur leur irrationalité. Si l’on n’est pas familier avec eux, il serait d’une grande valeur de lire un peu sur le sujet. La mythologie grecque est une partie importante de la culture de base du Nouveau Testament.

Les mythes étaient souvent incompréhensibles, et néanmoins, largement acceptés comme la « révélation des dieux ». L’envahissement du muthos dans le monde gréco-romain du Nouveau Testament peut être aperçu sortant de Nouveau Testament comme le bout d’un iceberg sur l’eau. Quand Paul et Barnabas avaient guéri un infirme à Lystre, le peuple avait estimé que les dieux sous une forme humaine étaient descendus, et le prêtre de Zeus était venu pour leur offrir des sacrifices. Pendant que Paul était à Athènes, il était dérangé dans cette ville à cause du nombre important d’idoles constituées de statues de divers dieux. A Ephèse, l’enseignement de Paul avait commencé à susciter de tumultes quand certains indigènes avaient réalisé que si sa doctrine se répandait , « le temple de la déesse Artémis serait discrédité, et la déesse elle-même qui était adorée dans toute la province d’Asie et le monde, allaient déchoir de sa majesté » (Actes 19 : 27). Il y a beaucoup d’exemples qui montrent qu’il y avait un muthos c’est-à-dire un corps de connaissance religieux qui était dans une large part incompréhensible à l’intelligence humaine, fermement établie dans les intelligences de certaines personnes communes à l’époque du Nouveau Testament.

Commençant plusieurs siècles avant Jésus-Christ, certains philosophes grecs travaillèrent à remplacer le muthos par ce qu’ils appelaient le logos, une explication raisonnable et rationnelle de la réalité. Il est évident que, dans l’écrit du Nouveau Testament, Dieu avait employé le mot logos, et non muthos, pour décrire sa sagesse, sa raison, et son plan. Dieu n’était pas venu à nous dans des expériences mystiques et des croyances irrationnelles qui ne peuvent pas être comprises : plutôt, il se révèle d’une manière qui peut raisonnablement être comprise et être argumentée de façon convaincante.

En complément du contexte culturel qui acceptait les mythes, à l’époque où l’évangile de Jean était écrit, un système de croyance appelé Gnosticisme était en train de prendre racine dans le christianisme. Le Gnosticisme avait beaucoup d’idées et de mots qui sont étranges et très difficiles à comprendre pour nous aujourd’hui ; ainsi, au risque de trop simplifier, nous allons décrire quelques principes de base du Gnosticisme aussi simplement que possible.

Le Gnosticisme avait revêtu beaucoup de formes, mais de manière générale les Gnostiques enseignaient qu’il y avait un être suprême et inconnu qu’ils désignaient sous le nom de « Monade ». Le Monade avait produit beaucoup de dieux, qui à leur tour, avaient produit d’autres dieux (ces dieux étaient appelés sous différents noms suivant leur position et leur puissance). L’un d’eux, appelé « Démiurge », créa la terre et fini par régner sur celle-ci comme un dieu très coléreux, méchant, et jaloux. Les Gnostiques croyaient que ce dieu méchant était le dieu de l’Ancien Testament, appelé « Elohim ». Le Monade envoya un autre dieu, « Christ », pour apporter une Gnose ( connaissance) spéciale à l’humanité pour l’affranchir de l’influence du méchant Elohim. Ainsi, un chrétien gnostique accepterait facilement qu’Elohim créa les cieux et la terre, mais ne serait pas d’accord pour admettre qu’il soit le Dieu suprême. La plupart des Gnostiques déclareraient qu’Elohim et Christ étaient en train de mal se comprendre l’un à l’égard de l’autre. Voilà pourquoi, il était si important pour Jean1 :1 de dire que le logos était avec Dieu, qui à première vue semble une déclaration totalement inutile.

L’ouverture de l’évangile de Jean est une expression merveilleuse de l’amour de Dieu. Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à une connaissance de la vérité » (1 Timothée 2 : 4 version NASB). Il avait permis cette ouverture de telle sorte qu’elle révèle la vérité sur Lui et Son plan pour toute l’humanité, et de la même manière, qu’elle réfute l’enseignement Gnostique. Elle dit qu’au commencement il y avait le logos (la raison, le plan, la puissance), qui était avec Dieu. Il n’y avait pas un autre « dieu » existant avec Dieu, particulièrement, pas un dieu opposé à Dieu. En outre, le plan de Dieu était comme Dieu ; il était divin. Le plan de Dieu devint chair quand Dieu avait fécondé Marie.

Il y a des éléments de Jean 1 :1 et d’autres phrases de l’introduction de Jean qui non seulement remontent à l’œuvre de Dieu au temps de la création originelle, mais aussi présagent l’œuvre de Christ dans la nouvelle administration et la nouvelle création. Une note du commentateur de la Bible F.F.Bruce argumente pour l’interprétation suivante :

« Ce n’est pas par un hasard que l’évangile de Jean commence avec la même phrase Que le livre de Genèse1 :1, « Au commencement » introduit l’histoire de L’Ancienne création ; ici il introduit l’histoire de la nouvelle création. Dans les deux œuvres de la création l’agent est la parole de Dieu. »

Le « Catéchisme Racovien », un des grandes œuvres du mouvement Unitaire du 14ème et 15ème siècle, déclare que le mot « commencement » dans Jean 1 :1 se réfère au commencement de la nouvelle dispensation (administration) et ainsi est similaire à Marc 1 :1, qui débute par « Le commencement de l’évangile sur Jésus-Christ. »

Dans le passage cité (Jean 1 :1) où la Parole est dite avoir été au commencement, il n’y a pas de référence à une éternité antérieure, sans commencement ; parce que la mention faite ici est celle d’un commencement, qui est opposé à cette éternité. Mais le mot commencement, utilisé absolument, doit être compris du sujet considéré. Ainsi, dans Daniel 8 :1, « la troisième année du règne du roi Belchatsar, une vision m’était apparue, à moi Daniel, après celle qui m’était apparue EN PREMIER. » Jean 15 : 27 : « et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. » Jean 16 : 4 : « …..Je vous en ai parlé dès le commencement, parce que j’étais avec vous. » Et Actes 11 : 15, « Lorsque je me suis mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme à nous dès le commencement. » Ici, l’accent est mis sur le terme au commencement ( en premier).

Ainsi, l’affaire dont Jean traite est l’évangile, ou les choses traitées dans l’évangile, rien d’autre ne pourrait être compris ici en dehors de l’évangile ; un sujet clairement connu aux chrétiens auxquels le message s’adressait, principalement, l’avènement et la prédication de Jean le Baptiste, selon le témoignage de tous les évangélistes [ ex. Matthieu, Marc, Luc, et Jean], chacun commence son histoire avec la venue et la prédication du Baptiste. Marc déclare expressément, en effet, que c’était le commencement de l’évangile. Dans la même perspective, Jean lui-même emploie le mot commencement, placé complètement à l’introduction de sa première Epître, au début duquel il emploie le même terme (logos) Parole, comme si elle signifiait d’être son propre interprète [ « Ce qui est dès le commencement…. Concernant la Parole (logos) de vie, 1 Jean 1 :1]

Bien que nous ne soyons pas d’accord avec le Catéchisme que l’unique signification de commencement en Jean1 :1 soit le commencement de la nouvelle création, nous pouvons certainement voir comment le mot commencement constitue une double entente. Dans le contexte de la nouvelle création, « la Parole » est alors le plan ou le but selon lequel Dieu est en train de restaurer Sa création.

Pour comprendre complètement n’importe quel passage des Ecritures, il est impérieux d’étudier le contexte. Pour comprendre complètement Jean 1 :1, le reste du chapitre a besoin d’être bien compris, et le reste du chapitre ajoute plus de compréhension à Jean 1 :1. Nous osons croire que ces notes sur Jean 1 :1, lus ensemble avec le reste de Jean 1 et nos notes sur Jean 1 :3, 10, 14, 15, et 18 aideront à rendre le premier chapitre entier de Jean plus compréhensible.

Hébreux 1 : 8 :
« Mais il a dit au Fils : Ton trône, ô Dieu, est éternel ;Le sceptre de ton règne est un Sceptre d’équité ; »

1. La langue anglaise fait une distinction assez claire entre « Dieu » et « dieu ». Ainsi, dans les Bibles en Anglais le Père Céleste est appelé « Dieu », pendant que les moindres divinités, les gens avec l’autorité de Dieu sur terre et les gens importants tels que les rois sont aussi appelés « dieu » (2 Corinthiens 4 : 4. Jean 10 : 34-35 ; Actes 12 : 22). Les langues hébraïques et Araméennes ne peuvent pas faire la distinction entre « Dieu » et « dieu ». Puisque l’hébreu et l’Araméen ont seulement des lettres capitales, tout usage est « Dieu ». En outre, bien que la langue ait des lettres à la fois en grands caractères et en petit caractères, comme l’Anglais, les premiers manuscrits ne les mélangeaient pas. C’était le style d’écriture au temps du Nouveau Testament de rédiger les manuscrits en lettres capitales ; ainsi, les manuscrits grecs, tout comme les manuscrits hébreux, étaient écrits en lettres en grands caractères. Les érudits appellent ces manuscrits « ONCIAUX », et ce style était populaire jusqu’au 9ème siècle, époque à partir de laquelle les plus petits écrits était développés pour les livres.

Puisque tous les textes étaient en grands caractères, si nous traduisions Genèse 1 : 1-2, comme cela était apparu dans les manuscrits Hébraïques, on le lirait de la manière suivante :

AUCOMMENCEMENTDIEUCREA
LECIELETLATERRELATERREET
AITINFORMEETVIDEILYAVAITD
ESTENEBRESALASURFACEDELA
BIMEETLESPRITDEDIEUSEMOUV
AITSURAUDESSUSDESEAUX

En réalité, les étudiants de la Bible devraient être au courant qu’il n’y avait pas d’espace ni de ponctuation dans les manuscrits aussi bien Grecs qu’Hébreux, et ces textes ne comportaient pas de division en chapitres ni en versets. Les textes originaux de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament étaient rédigés en lettres capitales serrées les unes aux autres, et cela ressemblait à ceci :

AUCOMMENCEMENTDIEUCREAL
ECIELETLATERRELATERREETAI
TINFORMEETVIDEILYAVAITDES
TENEBRESALASURFACEDELABI
MEETLESPRITDEDIEUSEMOUVA
ITSURAUDESSUSDESEAUX

Evidemment, la Bible entière était imprimée à la main exactement de la même façon, avec chaque lettre en grands caractères et sans espace entre les mots. Comme vous pouvez l’imaginer, cela rendait la lecture très difficile ; et pour rendre la lecture plus facile, la meilleure manière était de lire à haute voix, même quand on lisait pour soi-même. Voilà pourquoi Philippe pouvait entendre l’eunuque éthiopien lire le rouleau d’Esaïe (Actes 8 : 30). Un tel texte était difficile à lire et pratiquement impossible à enseigner. Imaginez qu’il soit impossible de dire : « Allez au chapitre 15. » Donc, les divisions des textes ont commencé à apparaître plus tard. Cependant, parce que les scribes vivaient un peu à l’écart et copiaient les manuscrits à la main, les divisions dans certains manuscrits n’étaient pas uniformes. Les premières divisions standardisées des versets apparurent autour de 900 ans après Jésus-Christ, et les divisions modernes en chapitres avaient été faites dans les années 1200.

Il devrait être très clair qu’il y’avait absolument des moyens de distinguer entre « Dieu » et « dieu » dans les premiers textes ; alors c’est le contexte qui doit déterminer si oui ou non le mot « Dieu » se réfère au Père ou à des êtres inférieurs à Lui. Bien qu’il fût naturel que la présence de l’article défini « le » dans les textes Grecs devait alerter le lecteur le « Dieu » faisait allusion au Père, cela n’était toujours pas le cas (voir Jean 10 : 33). Par exemple dans 2 Corinthiens 4 : 4, le mot theos comporte l’article défini, mais ce verset se réfère au Diable. Le contexte est toujours le juge final pour savoir si theos devrait être traduit par « Dieu » ou « dieu ».

2. Les langues sémitiques, et le Latin aussi bien que le Grec parlés par les premiers chrétiens, utilisaient le mot « Dieu » avec une signification plus large que celle d’aujourd’hui. « Dieu » était un titre descriptif appliqué à une grande catégorie d’autorités, y compris les grandes personnalités, les souverains et les gens agissant avec l’autorité de Dieu. Dans Jean 10 : 33, quand les juifs avait défié Jésus et avaient dit qu’il a prétendu être « un dieu » (mal traduit dans la plupart des versions comme « Dieu » ; voir notre note sur ce verset), Jésus avait répondu en leur demandant s’ils avaient lu dans l’Ancien Testament que les gens à qui la Parole était venue étaient appelés « Dieux » ( ici, nous suivons ce que les premiers textes ont fait. Il est difficile d’échapper à la notion moderne que « Dieu » se réfère au Vrai Dieu, et « dieu » aux dieux moindres. »

N’importe quelle étude des mots pour « Dieu » aussi bien en Grec qu’en Hébreu montrera qu’ils étaient appliqués tant au gens qu’à Dieu. Cela est étrange aux gens qui parlent Anglais (Français) parce que nous n’utilisons le mot « Dieu » que par référence au vrai Dieu, ce qui n’était pas le cas des Grecs et des Hébreux qui l’employaient de « Dieu », de grands hommes, d’autres dieux, des anges, et d’êtres divins. C’est le contexte qui détermine s’il s’agit de « Dieu » ou d’une grande personnalité. Cela est en réalité la cause d’un désaccord occasionnel entre les traducteurs, et ils discutent souvent pour savoir si « Dieu » se réfère à Dieu, le Père, ou à une personne puissante ou représentative de Dieu. Un exemple de ceci apparaît dans Exode 21 : 6, qui instruit son maître dont le serviteur souhaite le servir pour toujours d’amener le serviteur à « Elohim ». La version King James, la NIV, et beaucoup d’autres croient que le maître du serviteur est supposé amener le serviteur devant les autorités locales, c’est ainsi qu’ils traduisent Elohim par « juges » ( voir Exode 22 : 8-9 pour plus d’exemples). D’autres traducteurs avaient estimé qu’il était demandé au maître d’amener le serviteur à Dieu, et donc ils ont traduit Elohim par « Dieu ». Ainsi, le verset se lira « Dieu » ou « juges » selon la traduction.

Hébreu 1 : 8 est comme d’autres versets où comme le mot « theos » (Dieu) est utilisé, cela ne signifie pas qu’il se réfère au Père. Il peut facilement se référer à « dieu » au sens bibliquement où les grands hommes sont appelés « dieu ». La Septante emploie le mot theos pour Dieu, mais également pour les hommes dans les endroits comme Psaumes 82, où les hommes représentent Dieu. Le contexte doit être le facteur déterminant pour décider à quoi se réfère « Dieu ». Dans ce cas, dans Hébreux, que nous sommes en train d’étudier, le contexte est clair. A travers le contexte entier de Hébreux, Jésus est vu comme étant moindre que Dieu le Père. Par conséquent, l’emploi de « theos » ici devrait être traduit par « dieu. »

3. Le contexte doit déterminer si Christ se réfère à l’Etre Suprême ou juste un homme avec une grande autorité, ainsi cela doit être lu soigneusement. Dans ce cas, cependant, on a pas besoin de lire davantage pour découvrir que Jésus-Christ, appelé « Dieu », avait lui-même un « Dieu ». Le tout prochain verset, Hébreux 1 : 9, dit « Donc, Dieu, ton Dieu t’a établi au-dessus de tes compagnons. » Par conséquent, Jésus-Christ ne peut pas être le Dieu Suprême, parce que le Dieu Suprême n’a pas un Dieu.

En outre, le Dieu de Jésus-Christ l’a « établi » au-dessus des autres » et l’a « oint ». Cela le rend abondamment clair que l’emploi de theos ici dans Hébreux, ne fait pas allusion à Jésus-Christ comme étant le Dieu Suprême, mais plutôt comme un homme avec une grande autorité sous un autre Dieu. Norton Andrews a écrit :

« Ici le contexte prouve que le mot « Dieu » ne dénote pas de l’Etre Suprême, mais est utilisé dans un sens inférieur. Cela est admis par un certain nombre de critiques Trinitaires respectables. Ainsi, le Révérend Docteur Mayer souligne : « Ici le Fils est désigné par le titre Dieu : mais le contexte montre que c’est un titre officiel qui le désigne comme un roi : il a un royaume, un trône et un sceptre ; et au verset 9 il est comparé à d’autres rois qui sont appelés ses semblables ; mais Dieu ne peut pas avoir de semblable. En tant que Fils, donc, il est classé avec les rois de la terre, et sa supériorité sur eux consiste en ce qu’il est oint d’une huile de réjouissance au-dessus d’eux ; vu que leurs trônes sont temporaires, mais le sien sera éternel.»

4. Le verset 8 est une citation du Psaume 45 : 6, 7. Les juifs qui lisent ce verset pendant des siècles, et qui connaissant la flexibilité de la Parole de « Dieu », n’ont jamais conclu que le Messie ferait d’une manière ou d’autre partie d’un Dieu trin.

5. Nous devons noter que le verset dans le contexte Grec peut aussi être traduit par : « Le trône est Dieu ». Cependant, parce que le verset est une référence de l’Ancien Testament, et parce que nous croyons que Dieu, le Père, est en train d’appeler Son Christ un « dieu » ( c’est-à-dire quelqu’un avec l’autorité divine), il n’y a pas besoin de traduire le verset autrement que : « Ton trône, Ô dieu, est pour toujours. »



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