Ésaïe 7:14
C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. (Segond 1910)
Matthieu 28 :19 « Allez, faites de toutes les nations mes disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »
1. Eusèbe (260-340) était l’évêque de Césarée et est connu comme « le Père de l’histoire de l’Eglise. » Bien qu’il eût une œuvre prolifique, son livre le plus célèbre est son « Histoire Ecclésiastique », une histoire de l’Eglise de la période Apostolique jusqu’à son propre temps. Aujourd’hui ce livre demeure le principal travail sur l’histoire de l’Eglise à cette époque. Eusèbe cite plusieurs versets dans ses écrits, et Matthieu 28 :19 l’un d’eux. Il ne le cite jamais comme il apparaît aujourd’hui dans les Bibles modernes, mais finit toujours le verset avec les mots « en mon nom. » Par exemple, dans le livre III de son Histoire, Chapitre 5, Section 2, qui porte sur la persécution juive des premiers chrétiens, nous lisons :
Mais le reste des apôtres, qui avaient été trahis et contre lesquels on avait sans cesse comploté en vue de leur extermination, et qui avaient été chassés de la Judée, allaient dans toutes les nations prêcher l’Evangile, s’appuyant sur la puissance de Christ, qui leur avait dit : « Allez et faites des disciples dans toutes les nations en mon nom. »
De même, dans son Oraison à la louange de l’Empereur Constantin, Chapitre 16, Section 8, nous lisons :
Quel roi ou prince de n’importe quelle époque du monde, quel philosophe, législateur ou prophète, dans les terres civilisées ou barbares, est parvenu si grandement à une hauteur d’excellence, je ne dis pas après la mort, mais encore de son vivant, plein de toute puissance, comme pour remplir les oreilles et les langues de toute l’humanité avec les louanges de son nom ? Certainement personne sinon notre seul Sauveur qui a dit ceci, quand, après sa mort, il prononça cette parole à ses disciples, en leur disant, « Allez et faites des disciples dans toutes les nations en mon nom. »
Eusèbe était présent au concile de Nicée et était impliqué dans les débats sur l’enseignement d’Arian pour savoir si Jésus-Christ était Dieu ou une création de Dieu. Nous sommes convaincus que si le manuscrit qu’il avait devant lui se lisait « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », il ne l’aurait jamais cité comme « en mon nom. » Ainsi, nous croyons que les premiers manuscrits se lisaient « en mon nom », et que la phrase avait été modifiée pour refléter la position orthodoxe comme une expansion de l’influence Trinitaire.
2.Si Matthieu 28 :19 est approprié tel qu’il se tient dans les versions modernes, il n’y aurait alors pas d’explication à la désobéissance apparente des apôtres, puisqu’il n’y a aucune seule indication d’eux comme baptisant quelqu’un selon cette formule. Tous les récits dans le Nouveau Testament montrent que les gens étaient baptisés au nom du Seigneur Jésus-Christ, exactement comme le texte d’Eusèbe le disait. En d’autres termes, le « nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire tout ce qu’il représente, est l’élément, ou la substance, dans lequel les gens étaient figurativement « baptisés ». Pierre avait répondu : « Repentez-vous et soyez baptisés, chacun de vous, au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés. » ( Actes 2 : 38). « Ils avaient seulement été baptisés au nom de Jésus-Christ. » (Actes 19 : 5). « Ainsi il ordonna qu’ils soient baptisés au nom du Seigneur Jésus. » (Actes 19 : 5). Nous ne pouvons imaginer aucune raison pour les apôtres et les autres en Actes de désobéir à un commandement du Christ ressuscité. Pour nous, il semble clair que Christ avait dit de baptiser en son nom, et c’est ce que l’Eglise avait fait.
3. Même si le Père, le Fils, et le saint-esprit étaient mentionnés dans le texte original de ce verset, ceci ne prouve pas la Trinité. La doctrine de la Trinité déclare que le Père, le Fils et « le Saint-Esprit » ensemble forme « un seul Dieu ». Ce verset se réfère à trois, mais ne dit jamais qu’ils sont « un ». Les trois choses auxquelles ce verset se réfère sont : Dieu le Père, le Seigneur Jésus et la puissance du saint-esprit ( nous disons « saint-esprit » au lieu de « Saint-Esprit » parce que nous croyons que ce verset se réfère le don du saint-esprit qui naît à l’intérieur de chaque croyant. C’est un moindre cas parce qu’il se réfère au don de Dieu et non à Dieu. Les textes originaux grecs étaient écrits dans ce que les érudits appellent « écrits oncial », qui utilisent les lettres capitales. Ainsi, bien que nous fassions aujourd’hui une distinction entre « Esprit » et « esprit », dans les originaux tout usage était juste « ESPRIT ». Le mot en majuscule et le mot en minuscule relevaient des caprices du traducteur basées sur le contexte du verset.
Il devrait être clair que trois choses séparées ne forment pas « un Dieu ». Morgridge écrit :
Aucun passage des Ecritures ne certifie que Dieu est trois. S’il m’était demandé ce que j’entends qualifier par le chiffre trois, je répondrais, rien qui plaise au lecteur. Il n’y a aucune écriture qui certifie que Dieu est trois personnes, trois agents, trois êtres, trois Dieu, trois esprits, trois substances, trois modes, trois bureaux, trois attributs, trois divinités, trois intelligences infinies, trois n’importe quoi, trois opposés, trois dans n’importe quel sens que ce soit. La vérité de ceci a été admise par chaque trinitaire qui a écrit ou prêché sur le sujet.
4. On déclare souvent que pour être baptisé en quelque chose, ce quelque chose doit être Dieu, mais ce raisonnement est faux, parce que les écritures déclarent que les israélites étaient « baptisés en Moïse » (1 corinthiens 10 : 2).
5. On déclare souvent que le Père, le Fils et l’esprit ont « un seul nom » ; ainsi, ils doivent être un. C’est un principe de base de la doctrine trinitaire de ne pas « confondre ces personnes » ( le credo Athanasien), et on confond en fait les personnes d’appeler les trois par un « nom », particulièrement puisqu’aucun tel « nom » n’a jamais été donné dans les Ecritures ( Dieu n’est pas un nom). Si le verset était en train d’enseigner la doctrine trinitaire et mentionnait les trois « personnes », il devrait alors employer le mot « noms ». Il y a une bien meilleure explication pour laquelle « nom » est utilisé au singulier.
Une étude de la culture et langue montre que le mot « nom » est pris dans le sens « d’autorité ». Les exemples sont multiples, mais l’espace ne permet qu’une petite sélection. Deutéronome 18 : 5 et 7 parle de servir « au nom » (autorité) du Seigneur. Dans 1 Samuel 17 : 45, David avait attaqué Goliath « au nom » (autorité) du Seigneur. Dans 2 Rois 2 : 24, Elisée avait maudit les fauteurs de trouble au « nom » (autorité) du Seigneur. Ces Ecritures ne sont juste qu’un échantillon, mais elles sont très claires. Si les versions modernes de Matthieu 28 :19 sont exacts (ce dont nous doutons, voir ci-dessus), nous ne voyons pas encore qu’il prouve la Trinité. Plutôt, ils montrent l’importance des trois : le Père qui est Dieu, le Fils ( à qui l’autorité avait été donnée par Dieu [ Matthieu 28 : 18] et le saint-esprit, qui est le don de Dieu.
6. En lisant le livre de Matthieu, nous notons qu’il n’y a pas de présentation de la doctrine de la Trinité. Certains Trinitaires remarquables doutent que les apôtres aient reçu une présentation de la doctrine jusqu’après qu’ils aient reçu le saint-esprit. Il serait étrange en fait pour Jésus-Christ d’introduire la doctrine de la Trinité ici dans presque le dernier verset du livre sans qu’elle ne soit mentionnée plus tôt.
Jean 1: 1 « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »
Il est impérieux que l’étudiant sérieux de la Bible arrive à une compréhension fondamentale du mot logos, qui est traduit par « Parole » en Jean 1 :1. La plupart des trinitaires croient que le mot logos renvoie directement à Jésus-Christ ; c’est ainsi que dans la plupart des versions de Jean, le mot logos est capitalisé et traduit par « Parole » ( quelques versions écrivent même Jésus-Christ à la place de ce mot dans Jean1 :1). Cependant une étude du mot grec logos montre qu’il apparaît plus de 300 fois dans le Nouveau Testament; et aussi bien dans la New International Version que dans le King James, le mot logos n’est capitalisé que sept (7) fois (et même ces versions ne s’accordent pas sur le point de savoir quand faut-il exactement capitaliser et à quel moment ne faut-il pas capitaliser le mot logos). Quand un mot apparaît plus de 300 fois et n’est écrit en majuscule que moins de 10 fois, il marque l’évidence que le moment où il faut le mettre en majuscule est la décision des traducteurs basée sur leur compréhension particulière des Ecritures.
Tel qu’il est utilisé à travers les Ecritures, le mot logos a une très large étendue de significations à travers deux lignes fondamentales de pensée. L’une est l’intelligence ou les produits de l’intelligence telle que « la raison » ( ainsi le mot « logique » est liée au mot logos) et l’autre est l’expression de cette « raison » telle qu’une « parole », un « dire », « un commandement » etc. La Bible elle-même démontre la large étendue de significations que le mot logos possède, et certaines façons dont il est traduit dans les Ecritures sont : récit, apparition, livre, commandement, conversation, éloquence, flatterie, doléances, entendu, instruction, affaire, message, ministère, nouvelle, proposition, question, raison, raisonnable, réponse, compte-rendu, règle, rumeur, dicton, dire, sentence, peine, parleur, parler, parole, histoires, légende, racontar, raconter, enseigner, témoignage, chose, choses, ceci, vérités, ce que, pourquoi, mot, mots.
N’importe quel bon lexique grec montrera aussi cette large étendue de significations (les mots en italiques sont les traductions de logos) :
Parler ; les mots que vous dites (Romains 15 :18 : « ce que j’ai dit, fait » (la New American Standard Bible, NASB, (Louis Segond donne : « je n’oserais mentionner aucune chose »).
Une déclaration que vous faites (Luc 20 : 20(version NASB) : « ils pourraient l’avoir dans une certaine déclaration »< Louis Segond donne : « …lui tendre des pièges et saisir de lui quelque parole…<).
Une question (Matthieu 21 :24(version NASB) : « je vous poserai aussi une question » < Louis Segond donne : « …. Je vous adresserai aussi une question »)
Prêcher (1 Timothée 5 :17 (version NASB) : « plus précisément ceux dont l’œuvre est de prêcher et d’enseigner »
Commandement (Galates 5 :14(version NASB) : « toute la loi entière est résumée en un seul commandement »< Louis Segond donne : « Car toute la loi est accomplie dans une seule parole »).
Proverbe, dicton (Jean 4 : 37 (version NASB : « ainsi le dicton : un sème, et un autre moissonne » < Louis Segond donne : « … en ceci qu’on dit est vrai… »).
Message, instruction, proclamation (Luc 4 :32 (version NASB) : « son message avait de l’autorité »< Louis Segond : « … frappé de sa doctrine ; car il parlait avec autorité. »).
Le sujet de la discussion, l’affaire (Actes 8 : 21(version NASB) : « Tu n’as aucune part ou portion dans ce ministère », Actes 15 : 6 : « Et les Apôtres…. se réunirent pour examiner cette affaire. », Louis Segond donne : « Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire,.. », « Les Apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette affaire. »).
Révélation de Dieu (Matthieu 15 : 6(version NASB) : « vous infirmez la Parole de Dieu »
Un compte, un calcul (Matthieu 12 : 36 (version NASB) : « les hommes auront à rendre compte au jour du jugement. »
Un compte ou « affaire » dans un sens financier (Matthieu 18 : 23 : « Un roi qui voulut établir des comptes avec ses serviteurs », Philippiens 4 :15 : « l’affaire de donner et de recevoir. »
Une raison, un motif (Actes 10 : 29 (version NASB) : « je demande pour quelle raison vous m’avez envoyer chercher. »
La liste ci-dessus n’est pas exhaustive, mais elle montre que le mot logos a une très large étendue de significations. De toutes les définitions et de toutes les manières dont le mot logos peut être traduit, comment pouvons-nous décider de la signification du mot logos à choisir pour un verset quelconque ? Comment peut-on déterminer ce qu’est le mot logos dans Jean 1 :1 ? N’importe quelle apparition du mot logos doit être soigneusement étudiée dans son contexte afin d’obtenir la signification appropriée. Nous affirmons que le mot logos de Jean 1 :1 ne peut pas être Jésus. Veuillez remarquer que « Jésus-Christ » n’est pas une définition lexicale de logos. La Parole n’est pas synonyme de Jésus, ou même du « Messie ». Le mot logos dans Jean1 :1 renvoie à la propre expression créatrice de Dieu__ Sa raison, ses buts, et plans, plus précisément quand ils sont ramenés en action. Cela se réfère à la propre expression de Dieu, ou communication de Lui-même. Cela est arrivé à travers Sa création ( Romains 1 : 19-20 : (19) car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître.
(20) En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables. »), plus précisément les cieux (Psaume 19). Cela est venu à travers la parole orale des prophètes et à travers les Ecritures, la parole écrite. Plus particulièrement et finalement, cela est arrivé à l’existence à travers son Fils (Hébreux 1 :1-2 : « Après avoir autrefois, et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes,
Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi crée le monde, »
L’érudit trinitaire de renommée, John Lightfoot, écrit :
Le mot logos, indiquant alors, à la fois « la raison » et le « discours »,
était un terme philosophique adopté par le judaïsme alexandrien avant que
Saint Paul ne se mît à écrire, pour exprimer la manifestation du Dieu invisible
dans la création et le gouvernement du Monde. Il incluait tous les moyens par
lesquels Dieu se fait connaître à l’homme. En tant que Sa raison, il indiquait
Son but et, (ou) Son dessein ; en tant que Son discours, il impliquait Sa révéla-
tion. Quand les docteurs chrétiens (enseignants de la Parole) ont adopté
ce terme, ils l’ont exalté et fixé ses significations en l’attachant à deux
idées précises et définies : (1) « la Parole est une personne divine », (2)
la Parole s’incarnait en Jésus-Christ. » Il est manifeste que ces deux
propositions ont déformé matériellement tous les termes liés à l’idée du
logos.
Il est important de noter que ce sont les « docteurs chrétiens » qui avaient attaché l’idée « d’une personne divine » à logos. Il est certainement vrai que quand le mot logos venait à être compris comme étant Jésus-Christ, la compréhension de Jean 1 :1 avait été déformée substantiellement. Lightfoot comprend correctement que la signification originelle de logos concernait la raison et le discours, mais pas « Jésus-Christ ». Norton développe le concept du mot logos comme étant la « raison » et écrit ce qui suit :
Il n’y a pas en anglais (français) de mot répondant au mot grec logos, comme employé
ici [ en Jean1 :1]. Il est employé pour indiquer un mode de conception concernant la
Divinité, connu au moment où Saint Jean avait écrit et intimement mêlé à la philoso-
phie de son époque, mais depuis longtemps dépassée, et tellement étranger à notre ma-
nière de penser qu’il n’était pas facile pour nous de conformer nos intelligences à sa
compréhension. Le mot grec logos, dans l’un de ses sens primaires, répondait presque
à notre mot Raison. Le logos de Dieu était considéré, non dans son sens le plus strict,
comme simplement la Raison de Dieu ; mais, sous certains aspects, comme la
Sagesse, l’Intelligence, l’Intellect de Dieu (PP 307).
Norton postule que peur-être que « la puissance de Dieu » devrait être une bonne traduction pour logos (p.323). Buzzard établit « le plan », « le but », ou « la promesse » comme trois traductions acceptables. Broughton et Southgate disent « les pensées, le plan, ou le but de Dieu, particulièrement en action. » Plusieurs spécialistes identifient le logos à la sagesse et la raison de Dieu.
Le logos est l’expression de Dieu, et est la communication de Lui-même, juste comme un « mot » est une expression externe des pensées d’une personne. Cette expression externe de Dieu est apparue maintenant à travers Son Fils, et elle est ainsi parfaitement compréhensible ; voilà pourquoi Jésus est « la Parole ». Jésus est une expression externe de la raison, de la sagesse, du but, et du plan de Dieu. Pour la même raison, nous appelons révélation « une parole de Dieu » et la Bible « la Parole de Dieu. »
Si nous comprenons que le logos est l’expression de Dieu__ Son plan, ses buts, sa raison et sa sagesse, il est clair qu’ils étaient en effet avec Lui « au commencement ». Les Ecritures disent que la sagesse de Dieu était « depuis le commencement » (Proverbes 8 : 23 : « J’ai été établie depuis l’éternité,
Dès le commencement, avant l’origine de la terre. ») Il était très commun en écriture hébreu de personnifier un concept tel que la sagesse. Aucun juif de l’ancien temps lisant les Proverbes n’aurait pensé que le sagesse de Dieu était une personne séparée, quand bien même elle eut été peinte comme telle dans les versets tels que Proverbes 8 : 29-30 : « Lorsqu’il donna une limite à la mer,
Pour que les eaux n’en franchissent pas les bords,
Lorsqu’il posa les fondements de la terre.
(30) J’étais à l’œuvre auprès de lui,
Et je faisais tous les jours ses délices,
Jouant sans cesse en sa présence, »
(NASB) verset 30 : « …Quand il posa les fondements de la terre, j’étais [ la sagesse] l’artisan à ses côtés. »
La plupart des lecteurs juifs de l’évangile de Jean seraient familiers avec le concept de la « Parole de Dieu » étant avec Dieu comme il travaillait à amener Sa création à l’existence. Il y a une œuvre manifeste de la puissance de Dieu en Genèse1, comme Il amène Son plan à la concrétisation en parlant des choses à être. Les Targums sont bien connus pour décrire la sagesse et l’action de Dieu comme Sa « Parole ». Ceci est particulièrement important à noter parce que les Targums sont des traductions de l’Araméen et des paraphrases de l’Ancien Testament, et l’Araméen était la langue parlée de beaucoup de juifs à l’époque de Jésus-Christ. En rappelant qu’un Targum est habituellement une paraphrase de ce que le texte hébreu disait, notez comment les exemples suivants attribuent l’action à la parole :
Et la parole du Seigneur était l’aide de Joseph (Genèse 39 : 2)
Et Moïse amena le peuple à rencontrer la parole de l’Eternel (Exode 19 :17)
Et la parole du Seigneur accepta la face de Job (Job 42 : 9).
Et la parole du Seigneur ria d’eux avec mépris (Psaume 2 : 4).
Ils croyaient au nom de Sa parole ( Psaume 106 :12).
Les exemples ci-dessus démontrent que les juifs étaient familiers à l’idée de la Parole de Dieu se réfère à Sa sagesse et son action. Ceci est particulièrement important à noter parce que ces juifs étaient foncièrement monothéistes, et ne croyaient en aucune manière en un « Dieu trin. » Ils étaient familiers aux idiomes de leur propre langue, et comprenaient que la sagesse et la puissance de Dieu étaient personnifiées comme étant « la parole. »
Les juifs parlant le grec étaient aussi familiers avec la force créatrice de Dieu comme étant désignée par « la parole. » J.H. Bernard écrit, « Quand nous partons de la Palestine à Alexandrie [Egypte], de la littérature hébreu sapiential [ sagesse] à celle qui était écrite en Grec, nous trouvons cette sagesse créatrice identifiée au logos Divin, Hébraïsme et Hellénisme arrivant alors en contact. » Un exemple de ceci se trouve dans un livre Apocryphe connu comme la Sagesse de Salomon, qui dit, « Ô Dieu de mes pères et Seigneur miséricordieux qui a fait toutes choses par ta parole (logos) et par ta sagesse as formé l’homme… » (9 :1). Dans ces versets la « parole » et la « sagesse » sont aperçues comme la force créatrice de Dieu, mais sans être une « personne. »
Le logos, qui est le plan, le but et la sagesse de Dieu, « devint chair » ( venaient en concrétisation ou existence physique) en Jésus-Christ. Jésus est « l’image du Dieu invisible » (Colossiens1 :15) et Son émissaire en chef, son représentant et son agent. Parce que Jésus avait parfaitement obéi à son Père, il représente chaque chose que Dieu devrait communiquer sur lui-même à une personne humaine. Comme tel, Jésus pouvait dire, « Si tu m’as vu, tu as vu le Père. » ( Jean 14 : 9). Le fait que le logos « devint » chair montre qu’il n’avait pas existé de cette manière auparavant. Il n’y a pas de préexistence de Jésus dans ce verset sinon que son existence « figurée » comme plan, but ou sagesse de Dieu pour le salut de l’homme. Ceci est aussi vrai avec la parole écrite. Il n’y avait pas de préexistence comme un « livre esprit » quelque part dans l’éternité passé, mais elle est arrivée à l’existence quand Dieu donna la révélation au peuple et ils l’ont écrite.
La dernière expression dans le verset, que plusieurs versions traduisent par « et la Parole était Dieu » ne devrait pas être traduite de cette manière. La langue grecque utilise le mot « Dieu » (du Grec theos) pour se référer aussi bien à Dieu qu’aux autres autorités. Celles-ci incluent le Diable (2 Corinthiens 4 : 4 : « Pour les incrédules dont le dieu de ce monde a aveuglé les intelligences… »), les dieux moindres (1 Corinthiens 8 : 5 : « Car, s’il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, ») et des hommes d’une grande autorité (Jean 10 : 34 : « Jésus leur répondit : N’est-il pas écrit dans votre loi :
J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
(35) Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressé, et si l’Ecriture ne peut être anéantie, » et Actes 12 : 22 : « le peuple s’écria : Voix d’un dieu, et non d’un homme ! ») A l’époque où le Nouveau Testament était écrit, les manuscrits grecs étaient écrits en lettres capitales. Les lettres en gros et en petit caractère n’étaient pas mélangées comme nous le faisons aujourd’hui. Ainsi, la distinction que nous faisons aujourd’hui entre « Dieu » et « dieu » ne pouvait pas se faire, et le contexte devenait le juge pour déterminer le sens à donner à « THEOS ».
Bien que le contexte soit l’arbitre final, il en est presque toujours dans le Nouveau Testament que quand « Dieu » se réfère au Père, l’article défini apparaît dans le texte grec ( cet article ne peut être vu que dans le texte grec, il n’est jamais traduit en Anglais). Les traducteurs sont généralement très sensibles à cela. La différence entre theos avec ou sans article apparaît dans Jean 1 :1 : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu [ le theos], et la Parole était [theos] (Dieu) » Puisque l’article défini manque dans la deuxième apparition de « theos » (« Dieu ») la signification habituelle serait « dieu » ou « divin ». La New English Bible (La Nouvelle Bible Anglaise) obtient le sens de cette phrase en la traduisant comme ceci : « Ce que Dieu était, la Parole était. » James Moffat qui était un professeur de Grec et de l’Exégèse du Nouveau Testament à Mansfield ( à l’Université d’Oxford) en Angleterre, et l’auteur d’une bible bien connue, la Bible de Moffat, traduit la phrase de la manière suivante : « le logos était divin. »
Un explication très claire sur la manière de traduire theos sans article défini peut être trouvée dans « Jésus tel qu’ils l’ont connu », de William Barclay, un professeur à Trinity College à Glasgow :
Dans un cas comme celui-ci nous ne pouvons pas faire autrement que d’aller dans le
Grec, qui est theos en ho logos. Ho est un article défini, « le », et on peut voir qu’il y a un article défini avec logos, mais pas avec theos. Quand en Grec deux noms sont reliés par le verbe « être », et quand les deux ont un article défini, alors l’un doit être complètement destiné à être identifié à l’autre ; mais quand l’un d’eux est sans article, il devient plus un adjectif qu’un nom, et décrit plus la classe ou la sphère à laquelle l’autre appartient.
Une illustration de l’anglais rendra cela clair. Si je dis, « le prédicateur est l’homme », j’emploie l’article défini à la fois devant prédicateur et homme, et de ce fait j’identifie le prédicateur avec une personne tout à fait définie que j’ai dans mon intelligence. Mais, si je dis : « le prédicateur est homme », j’ai omis l’article défini devant homme, et ce que je veux dire est que le prédicateur doit être classifié comme un homme, il est dans la sphère de l’homme, il est un être humain.
[ Dans la dernière phrase de Jean 1 :1] Jean n’a pas mis d’article devant theos, Dieu. Le logos, alors, n’est pas identifié comme Dieu ou avec Dieu ; le mot theos est devenu adjectif et décrit la sphère à laquelle le logos appartient. Nous aurions de ce fait à dire que ceci signifie que le logos appartient à la même sphère que Dieu ; sans être identifié avec Dieu, le logos à le même mode de vie et d’être que Dieu. Ici la New English Bible (La Nouvelle Bible Anglaise) trouve la traduction parfaite : « Ce que Dieu est, la Parole est. »
Il est important de comprendre que la Bible n’était pas écrite dans le vide, mais avait été rapportée dans le contexte d’une culture et était comprise par ceux qui avaient vécu dans cette culture. Quelquefois, les versets qui nous semblent superflus ou difficiles à comprendre étaient cependant significatifs aux lecteurs de l’époque parce qu’ils étaient bien au fait de la culture et des croyances propagées par ceux qui les entouraient. Au premier siècle, il y avait beaucoup de croyances en concurrence dans le monde (et malheureusement , des croyances erronées dans la chrétienté) qui étaient en train de confondre les croyants sur les identités de Dieu et Jésus-Christ. Plusieurs siècles avant Jésus-Christ, et à l’époque où le Nouveau Testament était écrit, les croyances irrationnelles sur les dieux grecs avaient été transmises. Ce corps d’informations religieuses était connu par le mot « muthos », que nous appelons aujourd’hui « mythes » ou « mythologie. » Ce muthos, ces mythes, étaient souvent irrationnels, mystiques, et au-delà de toute compréhension ou explication. Plus on devient familier avec les mythes grecs, mieux on comprendra notre insistance sur leur irrationalité. Si l’on n’est pas familier avec eux, il serait d’une grande valeur de lire un peu sur le sujet. La mythologie grecque est une partie importante de la culture de base du Nouveau Testament.
Les mythes étaient souvent incompréhensibles, et néanmoins, largement acceptés comme la « révélation des dieux ». L’envahissement du muthos dans le monde gréco-romain du Nouveau Testament peut être aperçu sortant de Nouveau Testament comme le bout d’un iceberg sur l’eau. Quand Paul et Barnabas avaient guéri un infirme à Lystre, le peuple avait estimé que les dieux sous une forme humaine étaient descendus, et le prêtre de Zeus était venu pour leur offrir des sacrifices. Pendant que Paul était à Athènes, il était dérangé dans cette ville à cause du nombre important d’idoles constituées de statues de divers dieux. A Ephèse, l’enseignement de Paul avait commencé à susciter de tumultes quand certains indigènes avaient réalisé que si sa doctrine se répandait , « le temple de la déesse Artémis serait discrédité, et la déesse elle-même qui était adorée dans toute la province d’Asie et le monde, allaient déchoir de sa majesté » (Actes 19 : 27). Il y a beaucoup d’exemples qui montrent qu’il y avait un muthos c’est-à-dire un corps de connaissance religieux qui était dans une large part incompréhensible à l’intelligence humaine, fermement établie dans les intelligences de certaines personnes communes à l’époque du Nouveau Testament.
Commençant plusieurs siècles avant Jésus-Christ, certains philosophes grecs travaillèrent à remplacer le muthos par ce qu’ils appelaient le logos, une explication raisonnable et rationnelle de la réalité. Il est évident que, dans l’écrit du Nouveau Testament, Dieu avait employé le mot logos, et non muthos, pour décrire sa sagesse, sa raison, et son plan. Dieu n’était pas venu à nous dans des expériences mystiques et des croyances irrationnelles qui ne peuvent pas être comprises : plutôt, il se révèle d’une manière qui peut raisonnablement être comprise et être argumentée de façon convaincante.
En complément du contexte culturel qui acceptait les mythes, à l’époque où l’évangile de Jean était écrit, un système de croyance appelé Gnosticisme était en train de prendre racine dans le christianisme. Le Gnosticisme avait beaucoup d’idées et de mots qui sont étranges et très difficiles à comprendre pour nous aujourd’hui ; ainsi, au risque de trop simplifier, nous allons décrire quelques principes de base du Gnosticisme aussi simplement que possible.
Le Gnosticisme avait revêtu beaucoup de formes, mais de manière générale les Gnostiques enseignaient qu’il y avait un être suprême et inconnu qu’ils désignaient sous le nom de « Monade ». Le Monade avait produit beaucoup de dieux, qui à leur tour, avaient produit d’autres dieux (ces dieux étaient appelés sous différents noms suivant leur position et leur puissance). L’un d’eux, appelé « Démiurge », créa la terre et fini par régner sur celle-ci comme un dieu très coléreux, méchant, et jaloux. Les Gnostiques croyaient que ce dieu méchant était le dieu de l’Ancien Testament, appelé « Elohim ». Le Monade envoya un autre dieu, « Christ », pour apporter une Gnose ( connaissance) spéciale à l’humanité pour l’affranchir de l’influence du méchant Elohim. Ainsi, un chrétien gnostique accepterait facilement qu’Elohim créa les cieux et la terre, mais ne serait pas d’accord pour admettre qu’il soit le Dieu suprême. La plupart des Gnostiques déclareraient qu’Elohim et Christ étaient en train de mal se comprendre l’un à l’égard de l’autre. Voilà pourquoi, il était si important pour Jean1 :1 de dire que le logos était avec Dieu, qui à première vue semble une déclaration totalement inutile.
L’ouverture de l’évangile de Jean est une expression merveilleuse de l’amour de Dieu. Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à une connaissance de la vérité » (1 Timothée 2 : 4 version NASB). Il avait permis cette ouverture de telle sorte qu’elle révèle la vérité sur Lui et Son plan pour toute l’humanité, et de la même manière, qu’elle réfute l’enseignement Gnostique. Elle dit qu’au commencement il y avait le logos (la raison, le plan, la puissance), qui était avec Dieu. Il n’y avait pas un autre « dieu » existant avec Dieu, particulièrement, pas un dieu opposé à Dieu. En outre, le plan de Dieu était comme Dieu ; il était divin. Le plan de Dieu devint chair quand Dieu avait fécondé Marie.
Il y a des éléments de Jean 1 :1 et d’autres phrases de l’introduction de Jean qui non seulement remontent à l’œuvre de Dieu au temps de la création originelle, mais aussi présagent l’œuvre de Christ dans la nouvelle administration et la nouvelle création. Une note du commentateur de la Bible F.F.Bruce argumente pour l’interprétation suivante :
« Ce n’est pas par un hasard que l’évangile de Jean commence avec la même phrase Que le livre de Genèse1 :1, « Au commencement » introduit l’histoire de L’Ancienne création ; ici il introduit l’histoire de la nouvelle création. Dans les deux œuvres de la création l’agent est la parole de Dieu. »
Le « Catéchisme Racovien », un des grandes œuvres du mouvement Unitaire du 14ème et 15ème siècle, déclare que le mot « commencement » dans Jean 1 :1 se réfère au commencement de la nouvelle dispensation (administration) et ainsi est similaire à Marc 1 :1, qui débute par « Le commencement de l’évangile sur Jésus-Christ. »
Dans le passage cité (Jean 1 :1) où la Parole est dite avoir été au commencement, il n’y a pas de référence à une éternité antérieure, sans commencement ; parce que la mention faite ici est celle d’un commencement, qui est opposé à cette éternité. Mais le mot commencement, utilisé absolument, doit être compris du sujet considéré. Ainsi, dans Daniel 8 :1, « la troisième année du règne du roi Belchatsar, une vision m’était apparue, à moi Daniel, après celle qui m’était apparue EN PREMIER. » Jean 15 : 27 : « et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. » Jean 16 : 4 : « …..Je vous en ai parlé dès le commencement, parce que j’étais avec vous. » Et Actes 11 : 15, « Lorsque je me suis mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme à nous dès le commencement. » Ici, l’accent est mis sur le terme au commencement ( en premier).
Ainsi, l’affaire dont Jean traite est l’évangile, ou les choses traitées dans l’évangile, rien d’autre ne pourrait être compris ici en dehors de l’évangile ; un sujet clairement connu aux chrétiens auxquels le message s’adressait, principalement, l’avènement et la prédication de Jean le Baptiste, selon le témoignage de tous les évangélistes [ ex. Matthieu, Marc, Luc, et Jean], chacun commence son histoire avec la venue et la prédication du Baptiste. Marc déclare expressément, en effet, que c’était le commencement de l’évangile. Dans la même perspective, Jean lui-même emploie le mot commencement, placé complètement à l’introduction de sa première Epître, au début duquel il emploie le même terme (logos) Parole, comme si elle signifiait d’être son propre interprète [ « Ce qui est dès le commencement…. Concernant la Parole (logos) de vie, 1 Jean 1 :1]
Bien que nous ne soyons pas d’accord avec le Catéchisme que l’unique signification de commencement en Jean1 :1 soit le commencement de la nouvelle création, nous pouvons certainement voir comment le mot commencement constitue une double entente. Dans le contexte de la nouvelle création, « la Parole » est alors le plan ou le but selon lequel Dieu est en train de restaurer Sa création.
Pour comprendre complètement n’importe quel passage des Ecritures, il est impérieux d’étudier le contexte. Pour comprendre complètement Jean 1 :1, le reste du chapitre a besoin d’être bien compris, et le reste du chapitre ajoute plus de compréhension à Jean 1 :1. Nous osons croire que ces notes sur Jean 1 :1, lus ensemble avec le reste de Jean 1 et nos notes sur Jean 1 :3, 10, 14, 15, et 18 aideront à rendre le premier chapitre entier de Jean plus compréhensible.
Hébreux 1 : 8 :
« Mais il a dit au Fils : Ton trône, ô Dieu, est éternel ;Le sceptre de ton règne est un Sceptre d’équité ; »
1. La langue anglaise fait une distinction assez claire entre « Dieu » et « dieu ». Ainsi, dans les Bibles en Anglais le Père Céleste est appelé « Dieu », pendant que les moindres divinités, les gens avec l’autorité de Dieu sur terre et les gens importants tels que les rois sont aussi appelés « dieu » (2 Corinthiens 4 : 4. Jean 10 : 34-35 ; Actes 12 : 22). Les langues hébraïques et Araméennes ne peuvent pas faire la distinction entre « Dieu » et « dieu ». Puisque l’hébreu et l’Araméen ont seulement des lettres capitales, tout usage est « Dieu ». En outre, bien que la langue ait des lettres à la fois en grands caractères et en petit caractères, comme l’Anglais, les premiers manuscrits ne les mélangeaient pas. C’était le style d’écriture au temps du Nouveau Testament de rédiger les manuscrits en lettres capitales ; ainsi, les manuscrits grecs, tout comme les manuscrits hébreux, étaient écrits en lettres en grands caractères. Les érudits appellent ces manuscrits « ONCIAUX », et ce style était populaire jusqu’au 9ème siècle, époque à partir de laquelle les plus petits écrits était développés pour les livres.
Puisque tous les textes étaient en grands caractères, si nous traduisions Genèse 1 : 1-2, comme cela était apparu dans les manuscrits Hébraïques, on le lirait de la manière suivante :
En réalité, les étudiants de la Bible devraient être au courant qu’il n’y avait pas d’espace ni de ponctuation dans les manuscrits aussi bien Grecs qu’Hébreux, et ces textes ne comportaient pas de division en chapitres ni en versets. Les textes originaux de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament étaient rédigés en lettres capitales serrées les unes aux autres, et cela ressemblait à ceci :
Evidemment, la Bible entière était imprimée à la main exactement de la même façon, avec chaque lettre en grands caractères et sans espace entre les mots. Comme vous pouvez l’imaginer, cela rendait la lecture très difficile ; et pour rendre la lecture plus facile, la meilleure manière était de lire à haute voix, même quand on lisait pour soi-même. Voilà pourquoi Philippe pouvait entendre l’eunuque éthiopien lire le rouleau d’Esaïe (Actes 8 : 30). Un tel texte était difficile à lire et pratiquement impossible à enseigner. Imaginez qu’il soit impossible de dire : « Allez au chapitre 15. » Donc, les divisions des textes ont commencé à apparaître plus tard. Cependant, parce que les scribes vivaient un peu à l’écart et copiaient les manuscrits à la main, les divisions dans certains manuscrits n’étaient pas uniformes. Les premières divisions standardisées des versets apparurent autour de 900 ans après Jésus-Christ, et les divisions modernes en chapitres avaient été faites dans les années 1200.
Il devrait être très clair qu’il y’avait absolument des moyens de distinguer entre « Dieu » et « dieu » dans les premiers textes ; alors c’est le contexte qui doit déterminer si oui ou non le mot « Dieu » se réfère au Père ou à des êtres inférieurs à Lui. Bien qu’il fût naturel que la présence de l’article défini « le » dans les textes Grecs devait alerter le lecteur le « Dieu » faisait allusion au Père, cela n’était toujours pas le cas (voir Jean 10 : 33). Par exemple dans 2 Corinthiens 4 : 4, le mot theos comporte l’article défini, mais ce verset se réfère au Diable. Le contexte est toujours le juge final pour savoir si theos devrait être traduit par « Dieu » ou « dieu ».
2. Les langues sémitiques, et le Latin aussi bien que le Grec parlés par les premiers chrétiens, utilisaient le mot « Dieu » avec une signification plus large que celle d’aujourd’hui. « Dieu » était un titre descriptif appliqué à une grande catégorie d’autorités, y compris les grandes personnalités, les souverains et les gens agissant avec l’autorité de Dieu. Dans Jean 10 : 33, quand les juifs avait défié Jésus et avaient dit qu’il a prétendu être « un dieu » (mal traduit dans la plupart des versions comme « Dieu » ; voir notre note sur ce verset), Jésus avait répondu en leur demandant s’ils avaient lu dans l’Ancien Testament que les gens à qui la Parole était venue étaient appelés « Dieux » ( ici, nous suivons ce que les premiers textes ont fait. Il est difficile d’échapper à la notion moderne que « Dieu » se réfère au Vrai Dieu, et « dieu » aux dieux moindres. »
N’importe quelle étude des mots pour « Dieu » aussi bien en Grec qu’en Hébreu montrera qu’ils étaient appliqués tant au gens qu’à Dieu. Cela est étrange aux gens qui parlent Anglais (Français) parce que nous n’utilisons le mot « Dieu » que par référence au vrai Dieu, ce qui n’était pas le cas des Grecs et des Hébreux qui l’employaient de « Dieu », de grands hommes, d’autres dieux, des anges, et d’êtres divins. C’est le contexte qui détermine s’il s’agit de « Dieu » ou d’une grande personnalité. Cela est en réalité la cause d’un désaccord occasionnel entre les traducteurs, et ils discutent souvent pour savoir si « Dieu » se réfère à Dieu, le Père, ou à une personne puissante ou représentative de Dieu. Un exemple de ceci apparaît dans Exode 21 : 6, qui instruit son maître dont le serviteur souhaite le servir pour toujours d’amener le serviteur à « Elohim ». La version King James, la NIV, et beaucoup d’autres croient que le maître du serviteur est supposé amener le serviteur devant les autorités locales, c’est ainsi qu’ils traduisent Elohim par « juges » ( voir Exode 22 : 8-9 pour plus d’exemples). D’autres traducteurs avaient estimé qu’il était demandé au maître d’amener le serviteur à Dieu, et donc ils ont traduit Elohim par « Dieu ». Ainsi, le verset se lira « Dieu » ou « juges » selon la traduction.
Hébreu 1 : 8 est comme d’autres versets où comme le mot « theos » (Dieu) est utilisé, cela ne signifie pas qu’il se réfère au Père. Il peut facilement se référer à « dieu » au sens bibliquement où les grands hommes sont appelés « dieu ». La Septante emploie le mot theos pour Dieu, mais également pour les hommes dans les endroits comme Psaumes 82, où les hommes représentent Dieu. Le contexte doit être le facteur déterminant pour décider à quoi se réfère « Dieu ». Dans ce cas, dans Hébreux, que nous sommes en train d’étudier, le contexte est clair. A travers le contexte entier de Hébreux, Jésus est vu comme étant moindre que Dieu le Père. Par conséquent, l’emploi de « theos » ici devrait être traduit par « dieu. »
3. Le contexte doit déterminer si Christ se réfère à l’Etre Suprême ou juste un homme avec une grande autorité, ainsi cela doit être lu soigneusement. Dans ce cas, cependant, on a pas besoin de lire davantage pour découvrir que Jésus-Christ, appelé « Dieu », avait lui-même un « Dieu ». Le tout prochain verset, Hébreux 1 : 9, dit « Donc, Dieu, ton Dieu t’a établi au-dessus de tes compagnons. » Par conséquent, Jésus-Christ ne peut pas être le Dieu Suprême, parce que le Dieu Suprême n’a pas un Dieu.
En outre, le Dieu de Jésus-Christ l’a « établi » au-dessus des autres » et l’a « oint ». Cela le rend abondamment clair que l’emploi de theos ici dans Hébreux, ne fait pas allusion à Jésus-Christ comme étant le Dieu Suprême, mais plutôt comme un homme avec une grande autorité sous un autre Dieu. Norton Andrews a écrit :
« Ici le contexte prouve que le mot « Dieu » ne dénote pas de l’Etre Suprême, mais est utilisé dans un sens inférieur. Cela est admis par un certain nombre de critiques Trinitaires respectables. Ainsi, le Révérend Docteur Mayer souligne : « Ici le Fils est désigné par le titre Dieu : mais le contexte montre que c’est un titre officiel qui le désigne comme un roi : il a un royaume, un trône et un sceptre ; et au verset 9 il est comparé à d’autres rois qui sont appelés ses semblables ; mais Dieu ne peut pas avoir de semblable. En tant que Fils, donc, il est classé avec les rois de la terre, et sa supériorité sur eux consiste en ce qu’il est oint d’une huile de réjouissance au-dessus d’eux ; vu que leurs trônes sont temporaires, mais le sien sera éternel.»
4. Le verset 8 est une citation du Psaume 45 : 6, 7. Les juifs qui lisent ce verset pendant des siècles, et qui connaissant la flexibilité de la Parole de « Dieu », n’ont jamais conclu que le Messie ferait d’une manière ou d’autre partie d’un Dieu trin.
5. Nous devons noter que le verset dans le contexte Grec peut aussi être traduit par : « Le trône est Dieu ». Cependant, parce que le verset est une référence de l’Ancien Testament, et parce que nous croyons que Dieu, le Père, est en train d’appeler Son Christ un « dieu » ( c’est-à-dire quelqu’un avec l’autorité divine), il n’y a pas besoin de traduire le verset autrement que : « Ton trône, Ô dieu, est pour toujours. »